POESIES ET CHEMINS DE FER...
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Les voyages en train et toute l'athmosphère des chemins de fer ont ont très largement inspiré poêtes et écrivains... De la bête humaine d'Emile Zola aux poèmes de Paul Verlaine et d'Emile Verhaeren, en passant par les romans d'Agatha Christie (le crime de l'Orient Express)... Sans oublier le célébrissime Henri Vincenot.
Même d'illustres compositeurs ont succombé... Arthur Honegger et sa célèvre PACIFIC 231 ou Hector Berlioz et son CHANT DES CHEMINS DE FER ... Ou même des chanteuses et chanteur contemporains...
Le septième art n'a pas fait exception. Depuis le tout premier court métrage des frères Lumière filmant l'entrée du train en gare de La Ciotat, de très nombreux films, s'inspirent directement d'aventures ferroviaires ou pour le moins utilisent le thême du train pour sous tendre l'action principale... La bataille du rail, Le mécano de la générale, Le train, Le pôle express, l'attaque du train postal, La roue, Le pont de Cassandra, Le train sifflera 3 fois, etc. etc... Cretains de ces films ont même été tourné partiellement dans des gares Vauclusiennes... Sans parler des téléfilms et autres "feuilletons" télévisés.
N'oublions pas les arts graphiques... Peinture, affiches, caricatures... Avec de magnifiques oeuvres inspirées directement par ce monde spécifique des chemins de fer dont certaines sont visibles au musée d'Orsay (Monet, Seurat, Walden...).
Mais le rail inspire également de nombreux amateurs anonymes... Peut être êtes vous l'une de ceux (celles) là? N'hésitez pas à nous adresser vos textes, poêmes, films... Il enrichiront fort à propos cet article.
Commençons pour l'instant par un petit moment de poésie ferroviaire...

Voir aussi, M Bardel chef de gare et romancier
Voir aussi le conte de Noël ferroviaire...
Le temps nous est gare...
Le temps nous est train...
Jacques Prévert
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... Nous n'aimons pas assez la joie
De voir les belles choses neuves.
Ô mon amie hâte-toi
Crains qu'un jour un train ne t'émeuve plus.
Regarde-le plus vite pour toi
Ces chemins de fer qui circulent
Sortiront bientôt de la vie
Ils seront beaux et ridicules...
Guillaume Apollinaire... (La Victoire)
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Les trains
Sur un chemin compact de pierraille et de cendre,
A travers bois, taillis, fleuves, moissons et près,
Sous les pâles matins ou les couchants pourprés,
Les trains quotidiens font le tour de la Flandre.
Jadis, on les voyait rouler presque avec crainte:
Les boeufs fuyaient là bas; les pigeons familiers
Désertaient les recoins de leurs blancs colombiers.
La mort semblait peser où passait leur empreinte.
Mais aujourd'hui, meur va et vient le long des champs
fait à peine trembler le seuil d'une demeure,
Et leur passage annonce aux travailleurs quelles heure
Le jour qui marche et fuit jette au soir approchant.
Les rails d'acier luisants sont encadrés de haies;
Les chiens et les troupeaux ne les regrettent plus.
Et dans les fentes d'or des plus mornes talus,
Se pavoisent de fleurs et se bombent de baies.
Marbres, grès et granits, fontes, fers et charbons,
Tous les trésors secrets que les terres lointaines,
Cachent aux flancs obscurs des monts, sous les fontaines,
Apparaissent en Flandre , au dos de lourds wagons.
Emile Verhaeren
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La Bonne Chanson
Le paysage dans le cadre des portières
Court furieusement, et des pleines entières
Avec de l'eau, des blés, des arbres et du ciel
Vont s'engouffrant parmi le tourbillon cruel
Où tombent les poteaux minces du télégraphe
Dont les fils ont l'allure étrange d'un paraphe.
Une odeur de charbon qui brûle et d'eau qui bout,
Tout le bruit que feraient mille chaînes au bout
Desquelles hurleraient mille géants qu'on fouette,
Et tout à coup des cris prolongés de chouette.
Que me fait tout cela puisque j'ai dans les yeux
La blanche vision qui fait mon coeur joyeux,
Puisque la douce voix pour moi murmure encore,
Puisque le Nom si beau, si noble et si sonore
Se même, pur pivot de tout ce tournoiement,
Au rythme du wagon brutal, suavement?
Paul Verlaine
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Souvenirs
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Un sifflet dans la nuit agitant mon émoi
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Vient de me rappeler des soucis d'autrefois.
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La nuit était tombée sur la gare assoupie
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Et j'attendais le train. c'est ainsi que l'on dit.
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C'était celui du soir qui devait m'emporter
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Quelque part, loin là bas, au bout d'un long trajet
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Rejoindre mon corps dans les bois enneigés.
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J'avais fini ma "perm", j'allais étre piégé.
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Mon pére auscultait la pendule "brillet"
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Dont un aiguille s'obstinait à galoper.
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Ma future épouse me tenait par la main
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Ne voulant pas montrer son immense chagrin.
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Dans le calme du soir où les gens parlent bas
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Une sonnerie grêle d'un coup s'agita.
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Alors on vit poindre sur la voie montante
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Deux pâles yeux aux lumiéres clignotantes.
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Surgi de l'ombre, auréolée de vapeur
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La 231 s'arrêta laissant battre son coeur.
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J'avais encore quelques touts petits instants
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Pour de ma fenêtre saluer mes parents.
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Mais le train s'ébranla, les laissant sur le quai
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L'obscurité cachant leurs visages et leurs traits.
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Dans le balancement continu du wagon
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Je finis par sombrer dans un sommeil profond.
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Le train m'a emporté, il ne m'a pas gardé
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Car j'ai eu la chance de pouvoir m'en tirer
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Oh! combien de méres ont pleuré sur les quais.
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Oh! combien de pères ne sont plus retournés
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Car c'est ainsi que tous les soirs le sombre train
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A vu son feu rouge forger notre destin
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Bannissez ces "quarante hommes, huit chevaux en long"
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Qui ont emporté un soir femmes et garçons.
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La grande aventure née au siécle dernier
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Pour notre joie à tous doit se développer.
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Profitez du grand bonheur qui vous est donné.
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Oubliez les vieux wagons, prenez le T.G.V.
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Robert BEZET |
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CHEMIN DE FER
Ce fut une aventure extraordinaire,
Humaine, technique et financière.
Elle est déjà plus que centenaire,
Mais prête à se perpétuer sur le millénaire.
Idée nouvelle de visionnaires,
N'est il pas vraiment révolutionaire?
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Du chemin de fer, ici avec estime,
Est il question en quelques rimes.
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Faire aujourd'hui Marseille-Lille,
En T.G.V. c'est si facile,
Roulant si vite entre ces villes...
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J.L. BEZET
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LA CHANSON DU "PROVENCE EXPRESS" (ANONYME)
De Tarascon jusqu'à Cabannes
De Cavaillon à Barbentane
De la légume monte une rumeur
Voici le nouveau train de primeurs!
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux
Depuis qu'on a eu vent de la chose
De gousse en gousse comme on en cause
Et pour bien des cucurbitacées
La route du fer serait menacée
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux
Mais pour être du premier voyage,
Encore faut-il être à cet âge
Où le degré de maturité,
Donne au légume droit de cité.
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux
C'est pourquoi ajournée puisqu'inaptes
Melons aubergines et tomates,
Sur les collégues plus précoces,
jettent un regard plutôt féroce.
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux
A l'heure H de ce jour J d'avril
Haricots en complet fil à fil,
Et asperges en fuseaux verts s'empressent,
Vers les wagons du PROVENCE EXPRESS
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux
Sitot sur le carreau des halles,
On t'enverra des cartes postales,
Séche tes pleurs, oignon mon ami,
Et c'est alors qu'on est partis.
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux
Depuis Orange on a le feu vert
Et la BB mène un train d'enfer
Tant et si bien qu'en la capitale,
On arrive devant le MISTRAL!
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux...
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SANS BRUIT , SANS FLEURS...
(sur l'air "du gris qu'on prend dans ses doigts et qu 'on roule")
I
je n'sais pas c'qui s'passe dans ma tête,
Mais j'crois bien q'j'ai un coup de cafard,
Ce n'est pas une simple amourette,
Qui maint'nant m'fait broyer du noir.
D'puis longtemps j'avais un' copine,
Qui, pourtant, m'prenait tout' ma sueur,
Ce n'était qu'une simple machine,
Elle s'en va et j'ai mal au coeur...
Oui, je regrette ces belles années,
Plus de vapeur, dernières fumées...
REFRAIN
Sans bruit, sans fleurs, elles sont parties, nos machines,
Toutes les belles heures de not' métier se débinent.
Ces gueules noires qui les ont aimées, ça les touche,
Et il ne sort que des regrets de leurs bouches.
II
Ton travail, c'était un concert,
Fait par la symphonie des bielles,
Dans la plaine, comme tu étais fière,
Ton panache montant vers le ciel...
Si, parfois, tu f'sais une fausse note,
Pour nous faire un peu de misère,
Le chauffeur, qu'était ton vieux pote,
Faisait tout pour te r'mettre sur l'air.
Sa main habile te contrôlait...
Et toi, docile, tu rechantais...
III
Maintenant , te voilà; en r'traite,
Et, bien sûr, tu es remplacée
Par des machine, tout ce qu'il y a d'chouette
Qui tournent à l'électricité...
Mais, tu vois, ces engins modernes,
Jamais ne pourront t'effacer
Car du rail, toi tu fus la reine,
ça, personne pourra l'oublier...
Ma vieille copine, c'est terminé,
Plus de vapeur, dernières fumées...
IV
Vous, mécaniciens et chauffeurs,
Qui avez connu ces beaux jours,
Peut-être que ça vous serre le coeur,
Quand vous passez par Liancourt...
Car c'est là que vos vieilles machines,
Attendent la main du ferrailleur,
Mais quand Il leur brisera l'échine,
Il tuera de vieux serviteurs...
Et sous la masse et 1' chalumeau,
S'en iront nos bonnes vieilles
Au refrain
Gilbert Nectoux. Mécanicien aux Batignolles 1967.
Article ajouté le 2007-12-07 , consulté 136 foisCommentaires
fafa88 le 08/12/2007 à 14:07:01
super !!!!!
fanette84 site : http://fanette84.blog4ever.com | le 09/01/2008 à 13:39:08
Trés belles poësies sur le théme du train. Blog trés instructif et interressant. merci.
Brigitte site : www.lairdutemps.fr.fm | le 30/03/2008 à 21:13:50
Moi qui suis poète, je ne me lasse pas de lire ce que ces grands hommes (grands en talent et en grandeur d'âme) nous ont laissé en héritage : leurs oeuvres que vous mettez ici si bien à l'honneur
Merci
Brigitte
P.S. : en plus de mon blog, j'ai un site : je vous invite à lire la page que j'ai faite sur Orange ainsi que la page que j'ai faite sur le Vaucluse...
Mettez le son de votre PC s 'il vous plait car chaque page est accompagnée d'une musique...
Un détail : mon mari est de Mornas et il a vécu toute son enfance et son adolescence dans une maison sur la route d'Uchaux et pour monter là-haut, et bien il faut passer... sous le petit pont qui est au bord de la nationale 7 où passe le train dessus !
et ce qui m'a fait toujours rire...
C'est que les gens qui emménagent ou déménagent et prennent un gros camion sont obligés de passer par derrière car les camions de déménagement, sous le pont...
ils ne passent pas !
J'aime aussi le panneau ! Uchaux 7
chaussette...
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