LA LIGNE DE VILLENEUVE A SALON

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LA LIGNE D’AVIGNON A MIRAMAS VIA SALON... AU FIL DU TEMPS

 

Après avoir étudié  la genèse de la ligne, voyons à présent comment elle a évolué au fil du temps.

 

Les évolutions

Dès la mise en exploitation, les gares de la ligne sont transformées et adaptées afin de suivre sans cesse (bien qu’avec en général un temps de retard) les évolutions des trafics

Ainsi, le 17 août 1869, le Conseil Municipal de Jonquerette demande-t’il que la gare de Saint-Saturnin, qui est à la frontière entre les deux villages, soit pourvue d'un nouvel accès pour les habitants de la commune et que la dénomination de la station soit modifiée pour devenir "Saint-Saturnin/Jonquerette"

Châteauneuf de Gadagne… Berceau du félibrige… La gare est installée en dehors du village. La gare est équipée d’installations hydrauliques pour le ravitaillement des locomotives.

Les voyageurs désirant se rendre dans la commune "brûlent" en général l'arrêt à Saint-Saturnin... Mais la Compagnie refuse d'accéder à cette demande... Il fallait y penser avant! Le Conseil Municipal de Jonquerette n'a jamais rien demandé tout au long des procédures d'enquête... Il est trop tard

En 1872, le quai couvert de L'Isle sur la Sorgue doit déjà être rallongé, alors qu'un quai découvert est installé (le même quai couvert sera à nouveau agrandi en 1881).

La ligne qui est à voie unique se transforme elle aussi. Pour augmenter sa capacité de circulation elle est mise à double voie depuis la gare de Cavaillon jusqu’à la Bifurcation de Cheval-Blanc, le 16 mai 1873.

La grande gare de Cavaillon. Embranchement de la ligne des Alpes vers Apt et Volx elle est très largement équipée. Un grand bâtiment à voyageurs avec annexes, un buffet, une remise pour les voitures, une remise pour les locomotives avec pont tournant, des postes d’aiguillage, une halle pour les marchandises…

En 1875, la "grande" gare de Cavaillon est pourvue d'un abri métallique sur le trottoir central. Les annexes de la remise des machines sont agrandies l'année suivante. Globalement l’établissement de Cavaillon, gare majeure de la section, va connaître eu égard au développement permanent des trafics, autant voyageurs que marchandises, de nombreuses transformations et agrandissements tout au long de son exploitation.

Voyons quelques exemples au fil du temps…

  • En 1877, construction d'un trottoir pour la ligne d'Apt et d'un magasin de la Voie,
  • Exhaussement d'un étage du buffet,
  • Pose des conduites et appareils pour l'éclairage au gaz en 1878,
  • Pour faire face aux encombrements perpétuels des voies, la gare des marchandises est agrandie à nouveau en 1891, en même temps que sont installés signaux et enclenchements. Ces installations sont nécessaires à la sécurité dans une gare devenue très importante et ayant eu à déplorer plusieurs incidents.
  • Le 24 avril 1894, le ministère des Travaux Publics entérine une demande d'allongement du quai G.V. (Grande Vitesse) de 30 mètres. Cette modification entraînera le déplacement du quai à chaises de poste, de la grue et d'une voie transversale.
  • Une voie de sûreté en cul de sac, formant "tiroir" est installée en 1896.
  • Les signaux et enclenchements de Cavaillon sont modifiés. De nouveaux agrandissements de la messagerie et des installations P.V. (Petite Vitesse) y sont aussi réalisés. Ces modifications ont été autorisées par arrêté ministériel du 25 juillet 1900. Elles nécessitent l'occupation temporaire de terrains pour pose d'une voie entre carrières d'extraction et chantiers de la voie (Déclaration d'Utilité Publique du 8 septembre 1900 pour acquisition des parcelles).
  • Le buffet de la gare subit un nouvel agrandissement en 1906.
  • Dans les premières années de la seconde décennie (1913), un passage inférieur est substitué au P.N. 18 (suite au décret du 3 mai 1910 concernant le P.N. du faubourg de l'abreuvoir). Des surtaxes locales temporaires sont prélevées pour financer ces travaux. Un décret du 8 février 1922 limite au 30 novembre 1921 la perception de celles-ci. En parallèle sont menés l'amélioration du quai G.V. et l'établissement d'un abri sur le quai découvert.
  • 1923 voit également l’installation de ponts à bascule jumelés pour le pesage des wagons à primeurs.
  • Les installations G.V. et P.V. sont une nouvelle fois réaménagées en 1924.
  • Entre 1931 et 1932, la gare est une fois encore étendue (décision ministérielle de 1926). Un vaste programme nécessaire pour faire face au développement des trafics marchandises… Mais les travaux trainent en longueur (cela est dû à diverses difficultés rencontrées au niveau des expropriations nécessaires).
    - Nouvelle cour des messageries,
    - Agrandissement de la cour des emballages,
    - Installation de huit nouvelles voies paires,
    - Mise en place d'un nouveau poste d'aiguillage, d'un réservoir de 50 m3,
    - Déplacement de la lampisterie et
    - Modifications diverses des ponts et aqueducs,
  • En juin 1942, la S.N.C.F. (qui a remplacé le PLM) fait exécuter une programme important d'embellissement de la gare (on peut s'en étonner eu égard à la période... pour le moins troublée) et demande à la commune de bien vouloir prendre à sa charge les travaux à réaliser au niveau de la cour des voyageurs.

Une vue intéressante depuis le quai. On peut ainsi apercevoir les voyageuses et voyageurs, la marquise PLM du quai central et en arrière-plan le BV, le buffet et derrière le train qui stationne, la remise des locomotives.

Revenons sur les autres établissements et sur la ligne elle-même …

En juillet 1876, les frères Dumas, minotiers, déposent un projet de chemin de fer d'intérêt local, entre l'Isle/Sorgue et Fontaine de Vaucluse. Le 14 avril suivant la concession leur est accordée pour 99 ans, avec subvention de 50 000 Fr. versée conjointement par l'Etat et le Département. Une souscription de 1000 actions de 500 Fr. est lancée. L'idée originelle de cette liaison avait été émise par M Larmajat, sur la base de son projet de monorail. Mais il ne l'avait finalement pas développée. Il avait été repris et concédé MM Rey et Simiglia. Lesquels ont finalement été déchus de leur concession...

En 1877, l'Ingénieur civil Courtasse propose un projet visant à doubler la ligne Impériale. La ligne venant de Miramas, passerait via Cavaillon, L'Isle/Sorgue, Carpentras, Vaison, Valréas, Nyons, Dieulefit, Valence... L'année suivante, une délégation est mandée à Paris pour y exposer ce projet.

Pour assurer la sécurité tout au long du parcours, des cloches d'annonce électrique sont demandées en 1880 et installées à partir de l'année suivante (projet accepté en mai 1881) d'Avignon à Cavaillon.

En 1881, la Mairie de l'Isle sur la Sorgue demande l'installation d'un embranchement sur la ligne principale, pour la desserte de Coustelet. Mais cette demande reste sans suite. La gare est toutefois complètement « restaurée » et modifiée en partie, puis, des travaux sont entrepris pour l'allongement du quai couvert.

Encore une gare d’importance sur la ligne d’Avignon à Miramas… La gare de l’Isle sur la Sorgue – Fontaine de Vaucluse. C’est dans cet établissement que s’effectue l’embranchement vers Carpentras et Orange.

Le dépôt des locomotives d’Avignon qui remplace les installations originelles d’Arles, de par sa position plus « centrée » par rapport aux diverses lignes embranchées dans la cité papale.

En 1885, le dépôt de machines d'Avignon est construit. Il est embranché près de la naissance de la « ligne des Alpes »... Se dirigeant vers Cavaillon…

Puis, vers 1893/1894, la gare de L’Isle sur la Sorgue est profondément remaniée et agrandie pour la réception de la future ligne en provenance d'Orange et Carpentras. L'année 1897, y voit l'installation d'une prise d'eau en rivière.

Le 26 mars 1898, le Conseil Municipal d'Avignon donne une suite favorable au projet de Chemin de Fer Economique sur routes, proposé par l'ingénieur Bonnet (de Lyon), entre Cavaillon, Caumont et Avignon… Mais le projet reste sans suite.

Le 27 novembre 1899, la déclaration d'Utilité Publique est prononcée pour une ligne d'intérêt local à construire entre L'isle sur la Sorgue et Vaucluse. D'une longueur de 8 372 mètres, à voie métrique, elle serait exploitée à l'aide de machines à vapeur pour le service des voyageurs et des marchandises. C'est la commune de Vaucluse qui en serait concessionnaire, mais cette concession serait rétrocédée pour l'exploitation à M Aimé Vivier entrepreneur de T.P. à Paris. Le projet sera accepté par la Préfecture le 20 avril 1901.... Mais pas encore commencé en 1904.

Au début du nouveau siècle, parallèlement à la pose de la deuxième voie entre Cheval-Blanc et Miramas, les installations P.V. (Petite Vitesse) de la gare du Thor sont agrandies. Un pont à bascule de 25 T y est installé en 1901. Durant la même période, établissement de deux voies de garage (1 paire et 1 impaire) et édification d'un hangar pour les marchandises du trafic G.V. en gare de L’Isle sur la Sorgue. L'allongement du quai découvert de Cheval-Blanc se réalise également en 1901 ainsi que la construction de voies de garage (1 paire et 1 impaire) à Morières. Le BV de cette gare et celui de Cavaillon sont « restaurés »

C 'est le 1 mars 1903, que la ligne jusqu'alors à voie unique entre Avignon et Cavaillon, passe à double voie. Les installations de sécurité sont transformées à cette occasion. Les cloches électriques sont déposées puis remplacées par le block P.L.M. n°3.

Installation de l'éclairage au gaz par becs Auer en gare de L’Isle sur la Sorgue en 1906.

Une halte est créée au Petit-Palais en 1913. L’installation de cet arrêt supplémentaire, installé au PN 15, n'a été obtenue de la Cie. qu’après une très longue attente… Revenons un peu en arrière.

Les 2 août 1907, 29 novembre 1908, 7 novembre 1909, 21 juillet 1910 et 2 avril 1911, le Conseil Municipal de Cavaillon avait demandé qu’une halte soit ouverte au Petit-Palais! Celui de l'Isle sur la Sorgue également, les 26 avril et 29 novembre 1908, 20 mars 1910, 12 février 1911... Le P.L.M. avait toutefois accepté à titre « éventuel », le 4 mars 1909, la mise en place de cette installation, mais réclamé, en compensation, l'institution d'une surtaxe locale temporaire. Le ministère avait accepté la proposition et ordonné une enquête, par arrêté du 11 juin 1909. La dite enquête close favorablement, en juin 1910.

Le 9 février 1912, le président Armand Fallières avait enfin ratifié le décret accordant à la commune de L'Isle sur la Sorgue la possibilité de contracter un emprunt de 9 230 Fr. Celui-ci serait destiné à financer l'implantation d'une halte au lieu-dit « Le Petit-Palais ». Le P.L.M. serait autorisé, en parallèle, à percevoir, durant trente ans au maximum, diverses surtaxes au profit de la commune de L'Isle sur la Sorgue. Celles-ci seraient prélevées sur les billets émis à la halte. Quinze centimes seraient ainsi ajoutés, au prix de billets de première classe, 10 cts sur ceux de seconde et 5 cts sur ceux de troisième classe. Les billets émis pour le transport des chiens seraient taxés de 5 cts supplémentaires et le prix des cartes d'abonnement augmenté de 5%.

Comme dans la plupart des villes importantes, les communes ont construit une « avenue » de la gare. Les hôtels et restaurant s’installent également à proximité.

La halte installée au passage à niveau n°15 du Petit-Palais en 1913

La halte est finalement opérationnelle au seuil de la grande guerre...

Entre 1920 et 1923, plusieurs projets importants sont déposés et réalisés. Il s'agit en premier lieu d'une gare de relais (triage de Fontcouverte) à installer à Avignon-Fontcouverte et en second lieu d'un saut de mouton pour le raccordement direct avec la ligne P.L.M. en Avignon en direction du Nord (Jusque-là, la ligne n’est raccordée que dans un sens ce qui nécessite des rebroussements de convois en gare d’Avignon). Le projet est déposé et approuvé le 25 août 1920. Mais il faudra plus de trois années pour que les terrains soient déclarés cessibles et les travaux effectués.

En 1929 un faisceau de 8 voies et un chantier de visite des wagons vides à primeurs à Fontcouverte.

La gare de Cheval-Blanc dernière gare vauclusienne de la section. C’est à la sortie en direction de Miramas que prend naissance la ligne pour Pertuis et les Alpes.

On peut remarquer sur la carte postale, le cachet ondulé spécifique des « convoyeurs-ligne » des Postes. La carte a été prise en charge directement à la gare et tamponnée par le convoyeur directement dans le train circulant de Cavaillon à Sénas.

Le raccordement "direct" d'Avignon est mis en service en 1923.

Les travaux de la gare de relais sont déclarés "urgents" le 22 décembre 1923... La gare est ouverte l'année suivante.

Amélioration des installations du Thor en 1925. La même année, établissement d'une nouvelle voie, suppression de plaques tournantes à l’Isle sur la Sorgue et extension des débords de Montfavet.

Construction d'un réservoir en béton de 300 m3 à Cavaillon en 1926. Les voies de garage de Morières sont rallongées vers 1925, 1926.

La gare de Cheval-Blanc. Le train qui arrive de Cavaillon va passer sans s’arrêter. On aperçoit au premier plan à droite le signal mécanique dont les cocardes sont « effacées »

En 1928, l'éclairage électrique est demandé pour la gare de Montfavet, avec acceptation du principe d'application d'une surtaxe temporaire pour en assurer le financement. Le projet définitif est présenté par le P.L.M. l'année suivante. Le 21 juin, la compagnie demande l'extension de la gare du Thor avec la création de deux nouvelles cours de débord et voies de service. L'établissement du Thor comprendra alors deux « gares » à l’issue de ces travaux. L'une déjà en place, pour le service des voyageurs et marchandises, l'autre (à construire) dite gare du "Maroc", sera réservée aux expéditions de raisins. La gare du Maroc sera desservie par les PN 10 (dont la municipalité demandera le remplacement par un passage supérieur en 1930) et 10 bis. Il reste que la disposition des installations en deux parties séparées par la route de Cavaillon ne sera pas sans poser d’importants problèmes pour l’exploitation tant aux expéditeurs, cheminots et automobilistes... Les manœuvres en gare imposant des temps de neutralisations des PN assez longs. En 1928, encore, un bureau restant pour les colis en attente de leur destinataire est ouvert à Morières.

Très importante activité à la gare « du Maroc » au Thor. Les banastes de chasselas sont prêtes à être embarquées dans les wagons du PLM pour une expédition par trains express.

En 1929, création d'une annexe des débords pour la formation des trains complets de raisin au Thor. Par ailleurs, il est enfin accepté d'installer dans cette même gare un abri pour les primeurs pourvu de l'éclairage électrique. Le besoin de cette installation n’était pas récent. Les expéditeurs l'avaient déjà exprimé depuis 1926. Toutefois, le P.L.M. d'accord sur le principe, mais considérant ses installations suffisantes, refusait d'en assurer seul le financement. Pour parvenir à l’édification de cet abri, pourtant vraiment nécessaire pour assurer la bonne conservation des marchandises, c'est finalement la municipalité qui accepte d’en assurer le paiement, via l'emprunt. L'installation ne sera effective qu’en 1932, mais les surtaxes temporaires à percevoir sur les billets vendus, ne permettront malheureusement pas à la commune de couvrir ses frais. Ce qui fait que ces surtaxes devront être prélevées jusqu'en 1944! (Cet abri à primeurs, abandonné depuis les années 80, sera démoli à la fin du XX eme siècle en même temps que l'abri à voyageurs et les quelques installations marchandises restantes. Il y a alors déjà bien longtemps que la SNCF n’assure plus de trafic fret dans la gare du Thor)… Une cabine de block est en construction à Morières

En 1930, création d'une voie de débord en ceinture dans la cour marchandises de la gare de Gadagne. Construction également, d'une maison à 4 logements pour agents subalternes au Petit-Palais et enfin installation de bureaux et d'un logement pour le chef de district à L’Isle sur la Sorgue. En 1933 la gare de Morières est pourvue d’un pont bascule de 50 T modèle PLM et celle de l’Isle sur Sorgue d’une voie de débord.

Corrélativement au développement du transport de fruits et primeurs, la S.T.E.F. développe son parc de wagons frigorifiques et implante des centres de glaçage et de stockage. En mai 1936, l’un de ces centres est construit à Avignon, embranché sur la ligne de Cavaillon au niveau du triage de Fontcouverte. Il comprend de nombreuses voies de garage, une usine à pains de glace et une dizaine de chambres froides.

Il est à noter, que la gare de Gadagne était équipée, jusque dans les années 50/55, d'installations hydrauliques. La gare possédait donc, une grue à eau, un château d'eau, ainsi qu'un local abritant la machine à vapeur fixe et le logement du chauffeur (pompage de l'eau de la Sorgue). La gare se situant à mi-chemin entre Avignon et Cavaillon, il était nécessaire de refaire le plein d'eau des machines

Une charrette et une voiture automobile devant la gare de Châteauneuf de Gadagne ! Le train ne devrait plus tarder à arriver… Les voyageurs sont attendus.

En effet, la ligne étant en rampe quasi continue depuis Avignon et Gadagne se situant au pied d'une longue et forte rampe ininterrompue jusqu'à la gare de Cavaillon, les machines avaient déjà consommé une grande partie de leurs réserves d’eau... De cette époque ne subsiste que le socle d’une la grue à eau (près du PN) et le local des pompes et de la machine fixe devenu maison d'habitation d’un particulier...

Une cité pour les cheminots est construite à proximité du triage de Fontcouverte et du dépôt, entre 1931 et 1933. Sont bâties 4 maisons à 12 logements, 3 maisons à 6 logements et 2 maisons à 6 logements pour les agents dirigeants… Elle est toujours en place.

Potence équipée de 3 nacelles au sud de la gare de Cavaillon. Chaque nacelle présente divers signaux dont une cible multi feux du Block Automatique Lumineux.

C'est à partir de l'été 1959 que la S.NC.F. crée le service des Trains auto-couchettes en gare d'Avignon. Trois trains hebdomadaires, circulent à partir du 19 juin. Ils assurent la liaison Paris-Avignon. L'opération rencontre immédiatement un vif succès. 2 958 voitures et 8 700 voyageurs transitent par le site de Fontcouverte. Cette nouvelle gare avignonnaise est placée à côté du triage, près des installations de réfrigération de la S.T.E.F..

Au début des années soixante, le quai couvert de la gare de Saint-Saturnin est loué à la Cie. des vins du midi et d'Algérie (C.V.M.A.). Le nouveau locataire transforme le local pour le transformer en chai. A l'intérieur, 20 cuves d'une contenance totale de 5000 Hl, une salle de pompage pourvue de pompes à fort débit sont installés. Un bureau est créé dans un local annexe. Une canalisation souterraine est posée dans la cour, reliant la "cave" et la partie de voie où sont mis en place les wagons.

En lisière du triage de Fontcouverte, est inauguré le 4 juillet 1960, le tout nouveau Marché d'intérêt National d'Avignon. Ces installations, modernes, remplaçant l'ancien marché traditionnel, avaient été imaginées dès 1952. Elles sont, bien entendu desservies par un embranchement particulier sur la ligne de Cavaillon au niveau du triage.

En 1962, le Block Automatique Lumineux est mis en place entre les gares de Cavaillon et de Cheval-Blanc.

C'est en 1962, qu'est également mis en service un M.I.N. à Cavaillon. Situé au sud de l'agglomération, embranché sur la ligne Avignon-Salon-Miramas, il remplace les anciennes installations du centre-ville. La part belle est donnée aux transports ferroviaires. La S.N.C.F se limite à la mise à disposition de matériel, manœuvré dans les emprises du marché gare par du personnel et du matériel de la régie du M.I.N..

Le 20 avril 1966, des installations modernisées sont mises en service Saint-Saturnin. De nouvelles enseignes lumineuses portant le nom de la gare ont été installées sous la marquise et sur l'abri à voyageurs qui lui fait face. L'éclairage des quais a été également modernisé.

En 1968, les appareils de voie anciens de la gare de Saint-Saturnin sont remplacés par des éléments plus modernes. Ce remplacement implique d'importants travaux de terrassement et le remplacement partiel du ballast usagé...

En 1972, la vitesse pour les trains de voyageurs et autorails est portée de 100 à120 km/h entre Avignon et Saint-Saturnin.

Dans les années 2000 la gare de Saint-Saturnin n’est plus que l’ombre d’elle-même. Fermée au trafic fret elle est encore fréquentée par les voyageurs, mais les installations sont en bien mauvais état.

Le passage à niveau n°8 du Thor et la sous-sation caténaire installée à proximité

L'expansion du complexe industriel et portuaire de Fos sur Mer, provoque un fort afflux de trafic lourd sur le sillon rhodanien. Afin de soulager la ligne impériale de ce trafic relativement lent en termes de vitesse de circulation, la Société Nationale décide de le reporter sur la rive droite du Rhône, via Miramas, Salon, Cavaillon, Avignon, Villeneuve les Avignon (ligne Avignon-Villeneuve ouverte en 1907). Cette "spécialisation" des axes conduit à prévoir d'importantes modifications des infrastructures. Modernisation des installations de signalisation, électrification et travaux connexes, modernisation des gares, renforcement des ouvrages d'art, etc. sont donc programmés par la S.N.C.F et approuvés par décision ministérielle du 10 décembre 1975.

De nombreux passages à niveau sont supprimés à l’occasion de la modernisation de la ligne. Pour certains d’entre eux, les maisonnettes ont été conservées et vendues à des particuliers.

Dans la phase préparatoire, la modification des installations de signalisation est réalisée en 4 grandes étapes. C'est la gare de Cavaillon qui est modernisée en premier lieu. Dès février 1974, le premier coup de pioche est donné, en vue des travaux de modernisation. Le 20 mai 1976, un "Poste tout Relais à transit Souple" (P.R.S.) est mis en service. Cette nouvelle installation, situé dans le B.V. à l'emplacement de l'ancien bureau des chefs de sécurité, remplace quatre anciens postes mécaniques et dessert également les installations de la bifurcation de Cheval-Blanc. Le poste comporte 50 itinéraires et 6 autorisations permettant la manœuvre sur des voies du M.I.N., sur la voie de service de Cheval-Blanc ou sur les voies de la zone industrielle. Pour effectuer le transfert de commande entre les postes manuels et le nouveau P.R.S., les installations en gare sont neutralisées 5 heures durant... C'est le train 85919, qui le premier traverse la gare... Sous la "commande" du poste électrique. Dans le même temps le PN 18b est automatisé.

Le passage à niveau n°15 du Petit-Palais est encore en service, mais en 2015 sa suppression est projetée. Si la maisonnette servant de halte a disparu depuis longtemps, la maison à 4 logements construite par le PLM est restée en place.

La gare d’Avignon Fontcouverte est complètement réaménagée en 1984. Les voyageurs peuvent prendre leur petit déjeuner au buffet en arrivant de bon matin. Abandonné depuis longtemps suite à la disparition du Train Auto-Couchettes et son remplacement par les Trains Autos-Accompagnées, le buffet est détruit dans les années 2010.

Le 14 octobre de la même année, le B.A.L. est mis en place entre Cheval-Blanc et Miramas. Cette modernisation permet la suppression de 4 postes de Block Manuel. Le 31 mars de l'année suivante, c'est entre Avignon et Cavaillon que des installations similaires sont mises en service. Un P.R.S. de 10 itinéraires est également installé en gare de L’Isle sur la Sorgue. Ces installations entraînent la disparition de 6 postes de Block Manuel. La dernière étape est effective le 13 septembre, par la fusion des postes I et II d'Avignon Fontcouverte.

La modernisation des installations conduit, en parallèle à la suppression de plusieurs P.N. ou à leur automatisation. Certaines voies routières sont transformées, alors que des ouvrages de franchissement sont construits, notamment à Morières et Saint-Saturnin. Le tunnel de la ligne, sur le territoire de cette dernière commune, voit également le niveau de son sol abaissé pour augmenter le gabarit de passage.

Les plans de voie sont également modifiés à l’Isle sur la Sorgue et Cavaillon. Une voie de garage centrale banalisée (pouvant être parcourue dans les 2 sens) est créée en gare de L’Isle sur la Sorgue. Les quais de Cavaillon et L’Isle sur la Sorgue sont rallongés, alors que les installations d'éclairage et de signalisation sont modernisées. Les marquises et autre abris sont coupés ou supprimés pour dégager le gabarit.

Débarquement des automobiles en gare d’Avignon Auto-couchettes

Les grands travaux de mise en place des installations de traction électriques sont conduits conjointement à ces modernisations. La sous station d’alimention électrique d'Avignon Champfleury est modifiée, de même que les installations d’Avignon Fontcouverte, alors que 2 sous stations complémentaires sont construites en Vaucluse. L'une est placée au P.K. 16,580 près du Thor, la seconde à proximité de Cavaillon, au P.K. 33,950. C'est le 20 septembre 1977, qu'à lieu leur mise à disposition pour le service de l'exploitation. Cette mise en service est accompagnée de cérémonies d'inauguration. Il est 9 H 08, lorsque le train inaugural 93997, tracté par la CC 6537 décorée de rubans et drapeaux tricolores, franchit sans arrêt la gare de Cavaillon. Il se rend à Salon (ville dont la machine arbore le blason) où doivent se dérouler les cérémonies protocolaires... Alors que de très nombreuses personnalités se trouvent dans le convoi formé de 7 voitures d'autres, chef de gare, chef de district et beaucoup de ceux qui avaient été partie prenante dans les travaux saluent le passage du train sur les quais de la gare...

Victime de son succès, la gare d’Avignon Fontcouverte doit être agrandie. Dès l'automne 1984, les travaux sont engagés. Modification du plan des voies, création d'une voie supplémentaires, extensions du bâtiment pur intégration du Snack-bar, d'une nurserie, de consignes, sanitaires etc.. Modification également du plan d'accès des véhicules routiers. Les travaux de voie sont terminés le 2 juin ceux du bâtiment le 27. Vingt-cinq années après sa première circulation, le 19 juillet 1985, sont inaugurées les "nouvelles" installations T.A.C., devenu depuis Train Autos Accompagnées. Cette journée de cérémonie est également l'occasion de "fêter" le passage de la 500 000 éme voiture.

Le P.N. 17 de Cavaillon est supprimé en 1985, remplacé par un passage sous voies.

Les 23 et 24 mai 1987, de grands travaux de remplacement du P.N 12 de la gare de l'Isle par un passage supérieur sont réalisés avec le concours du portique Hydrocampe. Ces lourdes modifications entamées en 1986 permettent de moderniser un point important de circulation routière.

LE film du remplacement du PN de la gare du Thor en 1988. Près démolition de la maisonnette et installation d’un tablier provisoire, le passage est creusé sous les voies qui restent en activité. Une fois les infrastructures terminées les tabliers provisoires sont remplacés par les poutres définitives à l’aide du portique Hydrocampe. Il ne reste plus qu’à éprouver l’ouvrage avec un train de machines et un peu plus tard d’éprouver la partie routière avec des camions chargés.

Une unité multiple de BB 67000 en tête d’un train de sel franchit le passage supérieur au nord de la gare de Cavaillon. Ces ouvrages sont rénovés en 1997 avec le remplacement des poutres en acier du tablier.

En 1988/1989, ce sont les travaux de remplacement du P.N 10 de la gare du Thor par un passage inférieur qui sont engagés. Ils seront assez importants, car ils doivent être réalisés sans perturber la circulation ferroviaire. Plusieurs phases sont nécessaires, avec la pose de tabliers provisoires. Une fois encore le portique Hydrocampe est mis à contribution pour les opérations de pose des tabliers définitifs.

En 1989, de très importants travaux de rénovation des voies sont réalisés entre Orgon et Cavaillon.

  • Renouvellement de 100 mètres de rails
  • Remplacement massif de traverses
  • Relevage de la voie
  • Meulage des rails

En mars 1990, le passage à niveau n°15 de Petit-Palais est modernisé. Le platelage ayant à supporter un très lourd trafic routier est remplacé par des dalles nouvelle génération.

Une quantité inimaginable de trains garés et de matériel manutentionné sur l’immense base travaux de Cheval-Blanc durant la construction de la nouvelle ligne TGV LN5.

Raccordement de la base travaux à la ligne principale.

En 1997, les 26 et 29 janvier, les passages sous voie de la gare de Cavaillon sont modernisés. Les anciens tabliers métalliques sont remplacés par des tabliers en poutre enrobées de béton. Opération délicate, nécessitant une neutralisation des voies durant une longue période... tout en évitant de perturber la circulation du TGV de LA POSTE. C'est une fois encore cet engin moderne et particulièrement efficace, le portique "Hydorcampe 3", qui effectue la substitution des tabliers.

En 1998, l’ancienne gare de Cheval-blanc est rasée et une immense plateforme « logistique » est installée à proximité pour les besoin de la construction de la nouvelle ligne TGV Méditerranée.

Pendant la dernière année du siècle la base travaux de Cheval-Blanc entre dans une phase de développement exceptionnelle. C'est en effet à partir de celle-ci que vont être lancés les travaux de pose des voies pour le TGV.

Le B.V. de Cavaillon est modernisé et rénové intérieurement et extérieurement entre 1999 et 2000. Amélioration de la zone d’accueil, de vente et d’attente, installation de la climatisation, rénovations des huisseries, mais aussi peinture des façades dans une teinte ocre, nettoyage des quais, remplacement des bancs, etc.

C’est le début de la fin pour les tours de glaçage de la STEF d’Avignon Fontcouverte. Construites progressivement suivant l’évolution de la demande, les tours vont s’effondrer les unes après les autres sous les coups de la pelleteuse…

Le début de l'année 2000 voit la simplification des installations de la S.T.E.F. de Fontcouverte. Une partie des voies de remisage sont déposées, alors que les tours de glaçage devenue inutiles sont démolies. C'est le 2 juin que les crocs de la pelle mécanique commencent à mordre la structure de la plus ancienne des 4 tours.

Quelques semaines plus tard après évacuation des gravats il n’est même plus possible de trouver trace des quatre géantes.

L'année 2000 voit également la rénovation du B.V. du Thor. L'ancien abri à primeurs ainsi que diverses installations pour les marchandises devenues inutiles sont démolies. Le rez de chaussée du B.V. est repeint.

La gare du Thor avant et après la rénovation… Si le BV et l’édicule ont été ravalés, plusieurs bâtiments et une partie des voies « marchandises » ont disparu au passage… L’abri à primeurs et les abris de quai pour les voyageurs, entre autres. Désormais c’est un abri sommaire qui permet aux voyageurs en direction de Cavaillon de ‘abriter en cas d’intempéries.

Les 1 et 2 avril 2001, les tabliers métalliques du pont du P.K. 31.187, à l'entrée de la gare de Cavaillon, sont remplacés. Les éléments de replacement, de 6,90 mètres de longueur sont parvenus à Cavaillon par voie routière.

Au printemps 2009 un vaste chantier RVB (Renouvellement de Voie et Ballast) est réalisé sur 30 kilomètres sur la ligne. Pendant dix semaines, près de 250 agents SNCF et sous-traitants effectuent la rénovation de la ligne et l’installation de Longs Rails Soudés qui apporteront plus de confort aux usagers.

Le « film » de la suppression des passages à niveau 2 et 3 de la ligne. C’est un ouvrage d’art qui remplace le passage N°2 extrêmement fréquenté. Le PN 3 de Sainte-Catherine, lui, est purement et simplement supprimé.

Le Conseil général de Vaucluse et RFF décident en 2010, dans le cadre d’une convention de financement, la suppression de plusieurs passages à niveau. Plusieurs points du réseau sont visés, notamment les PN 2 et 3 de la ligne Avignon-Cavaillon. Le premier est situé à la sortie du triage de Fontcouverte sur une route extrêmement fréquentée et le second, dit de Sainte-Catherine, situé un kilomètre plus loin entre Avignon et Montfavet. La partie la plus importante du projet consiste en la construction d’un pont au-dessus des voies pour le passage de la RD 239. Le PN3 sera lui, purement et simplement condamné. Le 6 octobre 2011, le nouvel ouvrage est inauguré. Quelques mois plus tard, le PN 3 est neutralisé.

La gare de L’Isle sur la Sorgue – Fontaine de Vaucluse avant et après la rénovation. Le bâtiment des voyageurs a été rénové extérieurement et intérieurement. Le parvis a été réaménagé et un grand parking a pris place dans l’ancienne gare des marchandises. Mais l’abri de quai est resté de son côté à l’abandon.

Le 27 novembre 2003, la gare de L’Isle sur la Sorgue qui a fait l’objet d’une importante rénovation est « inaugurée » en présence de nombreuses personnalités. Il ne reste malgré tout de cette grande gare que peu de bâtiments encore utilisés. La maisonnette du PN a disparu, l’abri de quai est à l’abandon, la remise des machines est encore là mais ne sert plus que de hangar, et le plan des voies a été simplifié. La cour des marchandises est transformée en parking.

19 mars 2015. Inauguration du nouveau pôle d’échange multimodal de Cavaillon.

En 2011, le conseil régional et RFF déposent un projet de partenariat pour la création d’un pôle d’échange multimodal en gare de Cavaillon. L’objectif est de créer une zone « d’articulation et de correspondance entre les différents modes de transports collectifs urbains et interurbains, les modes doux et la voiture individuelle ». Le projet comprend :

  • La réhabilitation du Bâtiment des Voyageurs, avec modernisation de la signalétique et installation d’un abri pour les deux-roues.
  • La mise aux normes d’accessibilité des quais, ajout d’une passerelle de liaison (avec ascenseur) et la rénovation de l’éclairage.
  • La modernisation du parvis de la gare, de l’accessibilité piétons, l’accroissement de l’offre en termes de stationnement et l’amélioration de la voirie.

Le projet est adopté par le Conseil Municipal le 18 novembre, sa mise en œuvre va demander plusieurs années. Fin 2013, les aménagements incombant à la commune sont terminés. Un grand parking est installé et le parvis est réaménagé. L’ancienne lampisterie va devoir être démolie dans la foulée pour permettre la poursuite des travaux. C’est le 19 mars 2015, en présence de nombreuses personnalités politiques et de représentants de la SNCF, que les nouvelles installations ont officiellement inaugurées.

Le viaduc métallique d’Orgon sur la Durance, reliant Vaucluse et Bouches du Rhône, est rénové. La ligne est neutralisée 15 jours durant, durant le mois d’août, pour permettre le remplacement de l’imposant ouvrage.

En juillet 2015, une concertation publique est ouverte du 10 juin au 10 juillet sur les communes de Cavaillon, L’Isle sur la Sorgue et Petit-Palais en vue de la réalisation de travaux visant à sécuriser la circulation sur la RD 900 au passage à niveau n°15 de Petit-Palais, par la suppression du croisement route/rail.

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10/11/2015
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