MEMORIAL DE VAUCLUSE 1853-1854

EXTRAITS DU "MEMORIAL DE VAUCLUSE.." 1853-1854.

On lit dans le COURRIER DE LA DROME: Au moment où nous mettons sous presse nous apprenons que le Rhône vient encore d'être le théâtre d'un sinistre des plus graves. Ce matin, le bateau à vapeur le CORSAIRE, qui remontait le Rhône, s'était arrêté quelques instants au Pouzin, lorsqu'au moment où il démarrait , sa chaudière a fait explosion avec un bruit épouvantable. Par malheur, le bateau était chargé de voyageurs, ce qui donne lieu de craindre qu'il y ait eu parmi eux des victimes; cependant ,nous ne pouvons encore rien affirmer à cet égard et nous aimons à croire que le mal aura été moins grand que certains alarmistes veulent bien le dire. Tout ce qui nous parait hors de doute , jusqu'à présent c'est que trois individus, dont deux chauffeurs ou mécaniciens et un ouvrier attaché au service du bateau auraient perdu la vie dans ce désastre. On nous cite aussi un habitant de la basse ville, à Valence, qui aurait reçu des blessures graves par suite du jaillissement d'eau bouillante. Le parquet et le commissaire de Valence se sont immédiatement transportés sur les lieux pour procéder à une enquête. - Nous sommes toujours dans la même position et le même embarras par le manque d'eau au Rhône. Le vent du NORD ne souffle plus, le temps est aujourd'hui au beau, il fait même très chaud pour la saison ce qui doit nous faire espérer sous peu une crue qui devra indubitablement produire la fonte des neiges, si impatiemment attendue et désirée dans l'intérêt du commerce et pour le transport des troupes qu'on fait maintenant voyager par la route de terre.

Pour toutes nouvelles et fait divers J B JOUDOU. 11/12/1853


Depuis quelques jours, il règne sur le Rhône et sur la Sâone des brouillards tellement compacts que la navigation déjà rendue difficile par les basse eaux se trouve complètement interrompue. Les courriers sont en retard. pour donner une idée des perturbations que ce état de chose cause dans le commerce et surtout dans le transport des blés, il nous suffira de citer le fait suivant: une seule maison de Marseille a plus de 1 200 tonneaux de marchandises à destination de LYON arrêtés à Arles attendant la possibilité de remonter le Rhône. D'un autre coté la gare du chemin de fer est littéralement encombrée, attendu que les masses de marchandises confiées à l'administration pour être expédiées à Arles sont condamnées à rester à Marseille, ayant déjà un trop plein qui ne lui permet pas de recevoir d'autres expéditions. 9/04/1854


Jeudi dernier à hauteur de St Vallier et à un endroit où le Rhône fait un coude assez brusque et coule avec une grande rapidité, deux bateaux de transport, l'AIGLE n°6 et le NAPOLEON N°3, le premier remontant, le second descendant le fleuve se sont abordés sans qu'il ait été possible aux pilotes d'éviter le choc. La rencontre a été rude et l'AIGLE a eu sa coque défoncée et a reçu de graves avaries. Il n'en est résulté heureusement rien de funeste, soit pour l'équipage soit pour les marchandises. Un seul colis a été précipité à l'eau et le bateau ainsi maltraité a pu gangner le port le plus voisin, celui de ST Vallier dit on pour y faire effectuer les réparations necessaires.

Pour toutes nouvelles et fait divers J B JOUDOU. octobre 1853


La compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée vient de nous fournir la preuve la plus éclatante de son activité. le 15 février prochain, la belle ligne de Lyon à la Méditerranée existera de PERRACHE à Marseille sans solution de continuité. La section de Lyon à Valence sera construite pour une voie au moins, et la compagnie la tiendra dés cette époque, si besoin est, à la disposition du gouvernement pour les transports militaires. Peu de temps aprés, au mois d'avril, l'achévement complet des deux voies permettra de livrer au public cette importante partie du chemin. Paris se trouvera alors à 18 heures de Marseille. La jonction des deux mers sera un fait accompli par cette ligne mére qui s'étend du Havre à Marseille, et qu'on pourrait appeler, par comparaison avec le syséme circulatoire du corps humain, l'artère aorte du réseau français.

(L'industrie) 29/06/1854


stations omnibus omnibus omnibus express direct omnibus
matin matin matin soir soir soir
Valence x 6 h 00 10 h 45 1 h 45 3 h 20 4 h 30
Lapalud x 8 h 20 1 h 05 x x 6 h 50
La Croisère x 8 h 29 1 h 14 3 h 25 5 h 18 6 h 59
Mondragon x 8 h 38 1 h 23 x x 7 h 08
Mornas x 8 h 49 1 h 34 x x 7 h 19
Piolenc x 8 h 57 1h 42 x x 7 h 27
Orange 6 h 00 9 h 14 1 h 59 3 h 52 5 h 49 7 h 44
Courthézon 6 h 14 9 h 28 2 h 13 x x 7 h 58
Bédarrides 6 h 26 9 h 40 2 h 25 x x 8 h 10
Sorgues 6 h 35 9 h 49 2 h 34 x 6 h 15 8 h 19
Le Pontet 6 h 41 9 h 58 2 h 43 x x 8 h 28
Avignon 7 h 00 10 h 30 3 h 00 4 h 30 6 h 45 8 h 41
Marseille 11 h 05 1 h 50 7 h 05 7 h 40 9 h 55 x
Arrivée matin soir soir soir soir soir

1 Cl 2 Cl 3 Cl
De Marseille à Lyon 36 F 25 27 F 40 22 F 25
D'Arles à Lyon 27 F 35 20 F 70 17 F 35
De Montpellier à Lyon 38 F 85 25 F 10 20 F 95
De Nîmes à Lyon 28 F 80 21 F 80 18 F 15
D'Avignon à Lyon 23 F 70 17 F 95 15 F 35
D'Orange à Lyon 20 F 80 15 F 80 13 F 80
De Montélimart à Lyon 15 F 40 11 F 75 10 F 80


Articles extraits du journal le "MEMORIAL DU VAUCLUSE": Les trois premiers extraits mettent en lumière les difficultés rencontrées pour le transport des marchandises par la voie fluviale dans le milieu du XIX ème siècle. Sécheresse ou fortes crues, vent violent ou brouillard sont des ennemis terribles pour la navigation. De nombreux cas d'abordages ou d'échouages sont relatés dans les colonnes des journaux. L'avènement de la navigation à vapeur, va permettre, dans un premier temps, de pallier à ces ennuis climatiques, mais elle ne sera pas totalement dénuée de risques. D'autres dangers guettent les voyageurs préférant se déplacer par voie routière, ce sont les "bandits de grands chemins" n'hésitant pas à dépouiller les malheureux tout au long du voyage. De nombreux cas d'attaques de diligences et de voitures particulières sont relatés durant ces périodes. Le chemin de fer ne sera pas lui non plus, totalement exempt de dangers et quelques catastrophes vont endeuiller les premières années d'exploitation.
Nous pouvons, en complément, mettre en lumière le fait que la ligne de Marseille à Avignon reste tributaire de la future ligne permettant d'assurer le complément de liaison jusqu'à Lyon, puis Paris. Les deux extraits suivant, datés du 29 juin 1854 et du 28 janvier 1855, nous apportent, d'une part une idée des tarifs pratiqués par la compagnie, à l'ouverture de la ligne (nous pouvons constater que le prix des billets reste élevé.) et, d'autre part, une bonne vue de l'intérêt porté par l'Etat à l'encontre des chemins de fer. Il est fortement souligné l'urgence de la livraison à l'exploitation de la section complète de Lyon à Marseille. Pour permettre, en attendant, l'utilisation de la voie ferrée par les forces armées, une voie provisoire sera posée le plus rapidement possible. Notez, dans un des extraits ci dessous, une allusion au transport de troupes qui doit se faire par la route, faute de bonnes conditions de navigation.


Horaires du chemin de fer de 1854: Il s'agit ici d'un des premiers horaires diffusés entre Valence et Marseille, le chemin de fer vient tout juste être livré à l'exploitation. Dans la majorité des cas le train est résolument omnibus. Il s'agit pour la compagnie de recréer artificiellement un trajet équivalent à celui de l'ancienne Malle-Poste, espérant ainsi ne pas trop heurter les habitudes des voyageurs, et concentrer la plus large clientèle possible. Deux liaisons privilégient néanmoins la "vitesse": 2 h 30' pour le trajet Valence-Avignon. Pour nous paraître bien long de nos jours, il faut quand même comparer cette "lenteur" au trajet le plus rapide offert à la même période par les Compagnies de navigation. Impossible de descendre en deçà de 4 heures pour un service "express" (avec une prise de risques considérable, on l'imagine). Quant à la route, la liaison "grande vitesse" ne rallie Lyon qu'au mieux 11 heures après le départ de Valence!!! Il est bien des vacanciers qui, aujourd'hui, seraient heureux d'aller aussi vite certains jours d'été... Pour attirer une clientèle, et surtout un trafic marchandises le plus dense possible, la compagnie réduit ses tarifs, néanmoins le prix d'un billet reste élevé.

Documents médiathéque CECCANO AVIGNON.

 
 


29/03/2009
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