LA VIE QUOTIDIENNE ENTRE VILLENEUVE ET SALON

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LA LIGNE D’AVIGNON A MIRAMAS VIA SALON... AU FIL DU TEMPS

Après avoir étudié la genèse et les évolutions de la ligne, voyons à présent comment elle a évolué au fil du temps.

Le service des voyageurs...

Les voyageurs restent assez nombreux sur la ligne qui, on le rappelle, dessert plusieurs grandes directions vers les Alpes ou la Méditerranée. Les travaux de coordination rail/route d’avant-guerre changent radicalement la donne. La plupart des lignes secondaires perdent alors leur service des voyageurs... Ne restent plus alors que le voyageurs des axes principaux.

La fermeture du service vers Apt ou Pertuis entraîne la disparition des circulations « communes ». Seules subsistent encore un temps quelques relations autorail vers Pertuis, qui empruntent l’itinéraire mais ne s'arrêtent pas dans les gares intermédiaires! Les gares de l’axe principal restent, elles, encore en activité.

Les gares les plus importantes conservent malgré tout leur activité. A l’occasion d’événements particuliers, de spectacles ou durant les beaux jours pour visiter la fontaine de Vaucluse ou pour l’hippodrome de Cavaillon, certains établissements particulièrement fréquentés.

Matériel TER (Train Express Régional) automoteur moderne en gare de Montfavet et l’Isle/ Sorgue.

Mais ans les années 60, commencent à apparaître les prémices da la récession. Le trafic des primeurs est en chute libre et les voyageurs se font rares. La circulation automobile se développe.

En 1965, la S.N.C.F. propose, à titre d'essai, la fermeture des gares de Saint Saturnin, Morières et du Thor les dimanches et jours fériés. On ferme également les services d'expédition des primeurs en dehors de la saison. Les communes protestent, mais la S.N.C.F. et les autorités se veulent rassurants. Il ne s'agit que d'une période de test et de toute façon les expéditions sont infimes en ces périodes là...

La disparition totale des trafics marchandises se produit peu à peu, gare après gare, jusqu'à la fermeture complète de la quasi-totalité des gares. Aujourd'hui ne subsistent qu’un flux T.E.R. relativement actif.

Des automates distributeurs de billets remplacent les cheminots à Gadagne, au Thor, à Morières, Saint-Saturnin... Seules les gares de L’Isle sur la Sorgue, Le Thor, Montfavet et Cavaillon sont encore exploitées avec du personnel cheminot.

Matériel réversible avec machine diesel en pousse en partance d’Avignon pour Miramas via Cavaillon.

Matériel automoteur moderne à 2 niveaux en gare du Thor.

Dans les années 60, les voyageurs du train auto-couchette qui arrivent au petit matin en gare d’Avignon Fontcouverte ont la possibilité de prendre leur petit déjeuner au buffet de la gare.

Quelques extraits de divers indicateurs horaires de la ligne à diverses époques du PLM et de la SNCF. Jusqu’à l’application des lois de coordination et la suppression du service des voyageurs vers Apt et Pertuis, les gares du tronc commun peuvent être desservies par les trains de plusieurs destinations… Ce qui donne une desserte relativement étoffée.

Le transport des marchandises...

Le transport des marchandises sur la ligne est, comme sur la plupart des lignes Vauclusiennes, essentiellement basé sur le trafic des produits agricoles, mais pas que. Si l’on « exporte » des marchandises, le Vaucluse en reçoit aussi de grandes quantités. Matières premières, produits manufacturés, mais aussi colis de messagerie, par exemple, emplissent halles de gares et wagons. Outre les expéditions et réceptions réalisées dans les diverses gares du parcours, la ligne, de par sa position, supporte également le transit de Marseille vers la vallée du Rhône ou de et vers Apt, Pertuis et les Alpes. Dédiée au fret depuis les années soixante-dix (parcours Fos sur mer – Miramas – Salon – Cavaillon – Avignon – Villeneuve les Avignon et rive droite du Rhône), y circulent la majorité des trains lourds de fret du transit Nord-sud (hydrocarbures, produits sidérurgiques, chlorure de sodium et produits chimiques de et à destination de Pertuis, etc.).

La gare de Cavaillon est parmi les plus importantes de la ligne. On peut apercevoir sur la carte postale un train chargé sur la voie de débord et des trains sur les voies principales. Mais on aperçoit surtout une quantité impressionnante de « banastes » et caisses empilées sur le quai découvert et dans la cour, qui témoignent d’une activité primeurs particulièrement importante.

L'enlèvement des produits agricoles est à l'origine, un des plus importants de la région. Plusieurs localités jouissent d'une réputation dépassant largement les frontières de l'hexagone. C'est grâce au melon que Cavaillon, arrive en tête du palmarès de la célébrité... Le melon de Cavaillon, c'est à l'origine, un gros fruit ovale et vert. Celui que l'on peut apercevoir sur les cartes postales du début du siècle. Puis c’est une autre variété, le "cantaloup" qui le supplante et est cultivé dans la région. Certains de dire qu'à l'époque "on sentait la ville avant de l'atteindre"... Durant la saison, un cortège de charrettes conduisait chaque soir la récolte vers les hangars des expéditeurs... Tout près de la gare. La cour de débord était alors tout encombrée de ces véhicules odorants. Ce fruit juteux et délicat était très apprécié et une part non négligeable de la production était destinée à l'exportation vers la Suisse ou l'Allemagne. Pour faciliter les expéditions et adapter leur production à l'évolution des goûts des consommateurs, les producteurs vont introduire une variété hybride, le "charentais". Ainsi donc, dans les années trente, arrive sur le marché cavaillonnais le fruit que nous dégustons encore...

Important trafic de raisins chasselas en gare du Thor. Ce sont des produits périssables qui doivent être chargés dans les plus brefs délais et expédiés en régime accéléré. Le PLM fait aménager des wagons spécifiquement adaptés. Bogies pour grande vitesse, grilles d’aération… Le transport effectué pendant la nuit permet de bénéficier d’une circulation d’air frais dans les wagons. Il faudra attendre la création de la STEF en 1936 pour que soient utilisés des wagons réfrigérés.

Une autre localité vauclusienne est réputée pour ses productions agricoles… La ville du Thor. Sa réputation est liée à la production du raisin chasselas. Au début du siècle dernier, près de 2 000 tonnes de grappes quittent la gare chaque année! Dans les années trente, le raisin devient un produit "à la mode" dans les pays d'Europe du Nord et de l'Est. Un peu plus de 4 000 wagons (12 000 T) sont expédiés en 1931 depuis la gare du village! Le P.L.M. lui-même, soucieux de développer les débouchés (et donc le besoin de transport) organise dans la région des visites pour les clients importateurs britanniques. Certains conseillent, pour recouvrer ou conserver bonne santé, une cure de raisins. C'est ainsi que s'ouvre au Thor l'hôtel du chasselas... Où descendent les riches " curistes " et que se développent les stations uvales (au Thor et à Avignon)... Seul le développement du véhicule routier viendra mettre un terme, bien après la dernière guerre, à l'hégémonie du transport des fruits et primeurs par voie de fer.

Les wagons frigorifiques destinés au transport des fruits et primeurs sous température dirigée sont omniprésents de longues années durant sur le centre de glaçage de la STEF d’Avignon en lisière du triage de Fontcouverte. Une fois le plein de glace effectué les wagons sont répartis dans les différentes gares pour y être chargés.

VOICI CE QUI EST DIT PAR Robert Joly, AU SUJET DU TRANSPORT DES PRIMEURS AU THOR, DANS LE JOURNAL LE PROVENçAL En 1950.

.... Si vous voulez, propose Peloux, nous allons aller à la gare. Nous sommes reçus par M Bourdoncle, chef de gare.

«LE PROVENCAL »

Ah bon! Des renseignements? Les voilà! Ce registre où s'allongent des colonnes de chiffres, c'est le thermomètre de l'activité commerciale du Thor.

- En septembre, nous avons battu tous les records, me dit M Bourdoncle. Nous avons expédié 5 430 Tonnes de fruits et légumes. Dans ce chiffre, le raisin représente les deux tiers.

- par rapport à l'an dernier ajoute Peloux, les expéditions ont doublé. Tenez, voici les chiffres. C'est ainsi que j'apprends qu'en juillet 1949, 251 tonnes de fruits et légumes sont parties du Thor, 2 056 en août, 3 866 en septembre, et 120 en octobre.

- Petite année précise Peloux. Par contre, en 1950, on enregistre un boum: mai, 195 tonnes, juin 162, juillet 691, août 4 244, septembre 5 430. Aujourd'hui, 10 octobre, on évalue à 2 000 tonnes les expéditions du mois.
Au cours de la conversation, le chef de gare m'indique que le nombre de wagons pleins qui ont quitté le Thor pour l'Allemagne, notre principal débouché depuis le premier août, s'élève à 1 203.

- En une journée on chargea un jour, 73 wagons.

- N'oubliez pas, me dit Peloux, qu'une quantité de raisin égale à celle qui a quitté Le Thor par le chemin de fer est amenée à notre cave coopérative, et que par ailleurs, un tonnage égale à 25 % des expéditions S.N.C.F. du Thor est acheminé par camions dans un rayon de 350 kilomètres autour du département. C'est ainsi que Lyon, Grenoble, Saint Etienne, Valence, etc. sont ravitaillées par les transporteurs.

- Je demande à M Bourdoncle: Quelles sont les régions de France vers lesquelles vous acheminez principalement le raisin?

- En premier lieu le Nord. Puis viennent dans l'ordre l'Ouest, l'Est et le Sud-Ouest.

- Et Paris?

- Paris est ravitaillé par Cavaillon. Mais si, comme le propose M Peloux à la S.N.C.F., le train 4400 qui part de Cavaillon à midi et arrive à Paris à 23 heures s'arrête au Thor, nous pourrons acheminer du raisin sur la Capitale. Les pourparlers sont en bonne voie.

- N'oubliez pas d'insister, dit Peloux, sur l'effort de la S.N.C.F.. Nous sommes, au Thor, très satisfaits de la façon dont sont expédiés les raisins. Et pourtant, les quatorze cheminots de la gare ont eu le double de travail, cette année.

- Bravo la S.N.C.F.!...

La fermeture de la section de ligne entre l’Isle sur Sorgue et Velleron en 1955, prive à la fois la gare de l’Isle sur Sorgue et l’ensemble de la ligne d’une partie de son trafic.

L'installation dans les années soixante des chais de la compagnie des vins du midi et d’Algérie en gare de Saint Saturnin, apporte un fort trafic de wagons citernes et de remorques rail-route UFR. Les envois sont effectués en R.A (Régime Accéléré). On note aussi au Thor un trafic important de céréales pour le compte des minoteries GIRAUD. Des installations de dépotage spécifiques sont même installées en gare, permettant le transfert des wagons trémie vers des camions.

Une ancienne grue mobile de la SNCF. Plus souple d’utilisation que les anciennes grues de quai, ce type de matériel était très utilisé dans les gares des années 70/80 pour le chargement des wagons.

La société anonyme des plâtrières de Vaucluse est également un client fidèle du rail. C'est en gare de l'Isle Fontaine de Vaucluse que sont expédiés, dans les années soixante-dix, 2 à 4 wagons par jour de plâtre vers l'agglomération lyonnaise essentiellement...

La société de chaudronnerie industrielle cavaillonnaise, GIRARD frères, procure en 1983, un bien étonnant transport au rail. C'est la S.N.C.F. qui est retenue pour assurer le transfert entre Cavaillon et La Rochelle d'une centaine de... Barges. Ces imposants éléments sont destinés à la fabrication d'un pont pour des travaux sur le fleuve Nigéria. L’ensemble du chargement est placé sur un train complet de 17 wagons plats à l'aide d'une grue de la S.N.C.F...

Mais l'agriculture Provençale, est également pourvoyeuse d’autres denrées et notamment de fourrages. Le foin de Morières ou du Thor, très réputé, est expédié, à raison d'une quinzaine de wagons par jour, vers... l'Angleterre. Il y nourrit les poulains yearling...

Une belle composition de passage en gare de Cavaillon dans les années 80. En tête une véritable bête de somme. Une déjà vénérable BB 8100.

Un concept de courrier à grande vitesse entre Paris et Cavaillon qui va perdurer jusqu’en juin 2015. Les trains cargo de courrier sont reçus en gare de Cavaillon et « pilotés jusqu’à la plateforme de la POSTE.

Après la disparition progressive du transport des primeurs et dans le contexte pourtant morose des années quatre-vingt-dix, les cheminots cavaillonnais voient en leur gare une reprise des trafics. Un client inhabituel vient prendre place en zone industrielle: "LA POSTE". Pour la réception des TGV de messageries, une plateforme est créée à Cavaillon. Cette installation est le point de convergence des envois et des colis express de tout le secteur Sud-est du pays. Le 10 novembre 1994, la première rame d'un T.G.V. jaune, s'élance de la gare de Cavaillon. LA POSTE a fait l'acquisition de plusieurs de ces rames Cargo. Des liaisons quotidiennes à grande vitesse sont effectuées entre Cavaillon et Paris. Les rames parviennent en gare, puis avec l'aide d'un "pilote" sont conduites jusqu’au centre de transbordement.

En termes de gestion du trafic fret, la zone d'influence de la gare cavare s'étend du Nord au sud, du Thor à Sénas et Orgon, en passant par... Apt et Villelaure. La création d'une plateforme agro-alimentaire, et les déboisements effectués en vue de la construction du futur T.G.V Méditerranée apportent en gare un fort trafic de pommes, de tourbe et de grumes (6 358 T de pommes, 14 709 T de tourbe, 9 000 T de bois expédiés en 1995). Les équipes de manœuvre vont également chercher chaque jour de l'autre côté de la Durance des wagons de calcaire pulvérisé. Ces produits de carrières sont expédiés par la société OMYA.

Des wagons très spécifiques de la société OMYA pour le transport de carbonate de calcium pulvérisé ou en mélange liquide. Chargés en gare d’Orgon de l’autre côté de la Durance ils ont expédiés par la gare de Cavaillon.

La construction de la ligne TGV Méditerranée est une aubaine pour la S.N.C.F.. Grâce à l'opiniâtreté des agences commerciales FRET, une part importante des transports de matériaux nécessaires à la création de l'infrastructure sont réalisés par voie ferrée. Des poutres métalliques pour les ponts et viaducs, des milliers de tonnes de fer à béton, des palplanches, des poutrelles, des traverses, des rails, du ballast, des poteaux porte-caténaires, etc. sont quotidiennement, et souvent sur la base de transports ferroviaires exceptionnels, acheminés par rail. Une importante partie de ces trafics est réceptionnée ou expédiée de l’immense base travaux de Cheval-Blanc. Mais par définition, ce trafic important n’est que momentané.

Malheureusement la plupart de ces trafics s’étiolent et les gares perdent l’une après l’autre leur activité fret. La gare de l’Isle sur la Sorgue est fermée au trafic marchandises en février 2006. En juin 2015, le dernier TGV la POSTE est reçu à Cavaillon. Le principe du transport du courrier par TGV est abandonné par l’opérateur public…

Des milliers de tonnes de marchandises stockées et transportées pour la construction de la ligne TGV Méditerranée.

En complément des trafics émis ou reçus par les gares, la ligne support(ait)e également un lourd transit de marchandises ainsi que la desserte du triage de Fontcouverte, de l’embranchement frigorifique de la STEF d’Avignon, des MIN d’Avignon et de Cavaillon, de la zone industrielle de Fontcouverte (Ets Berton & Sicard, par exemple), de la gare auto-trains d’Avignon Sud ainsi que les circulations de matériel de et pour le dépôt d’Avignon.

Avis de réception de marchandises émis des gares de Cavaillon en 1898 et Cheval-Blanc en 1904

Transports saisonniers de grumes en gare de Cavaillon dans les années 80.

Fourgons spéciaux porte-automobiles stationnés en gare d’Avignon Fonctcouverte.

Un train de Fret tracté par une CC 6500 brûle gare de Morières en direction d’Avignon.

Quelques horaires marchandises… Années1938/39 et 1970/71

La vie au quotidien…

La vie au quotidien, sur la ligne est rythmée par un important trafic tant marchandises que voyageurs. La ligne constituant un tronc commun entre à la fois Avignon, les Alpes (via Apt et Pertuis) et la Méditerranée (via Miramas) va devoir supporter un nombre important de circulations. On y trouve par ailleurs deux gares importantes, L’Isle sur la Sorgue et Cavaillon, qui sont des établissements de bifurcation. Ainsi donc, même dans les établissements les plus modestes du parcours, le quotidien sera beaucoup plus animé qu’il ne pouvait l’être sur des lignes à voie unique… Entrons un peu plus dans le détail.

Un accident terrible se déroule le 19 septembre 1899 en gare de Cavaillon P.V..

Le personnel de la gare de Morières au début du siècle dernier. Le chef de gare en uniforme, l’homme d’équipe et probablement le télégraphiste. La présence des deux femmes pose question… Peut-être sont-elles Les épouses?

Il est 5 heures 40 du soir. M Jean Riqueau (60 ans, célibataire, mécanicien au dépôt d'Avignon) descend de sa machine et se porte sur l'avant pour allumer les lanternes. Il se prépare à conduire le train 1554, pendant que son chauffeur s'occupe à la préparation de son feu. Sur une voie contiguë la locomotive 3736 effectue des manœuvres. Elle refoule accidentellement un wagon sur la voie où se trouve le train de M. Riqueau. Le véhicule "lancé" vient buter contre la locomotive. Le malheureux mécanicien n'ayant pas entendu arriver le wagon fou périt dans un effroyable accident… Ecrasé entre les tampons de sa machine et du wagon. Le chauffeur, affairé sur sa machine, ayant ressenti le choc se précipite hors de l'abri. Il ne peut que constater de décès de son infortuné collègue.

Les cheminots de Cavaillon réunis lors de la grève de 1920.

L'armistice de 1918 laisse le réseau dans un état d'épuisement total. Le chemin de fer est mis à contribution pour le redressement du pays. Mais la situation est délicate. Le charbon manque, les bras également, quant au matériel et aux infrastructures, ils sont à bout de souffle... Les marchandises, dont le pays a cruellement besoin ne peuvent être transportées, faute de matériel et de personnel. Quant aux Compagnies leurs finances sont exsangues. Elles tentent, à grand renfort de hausses de tarifs de combler un déficit endémique ce qui provoque, par réaction, "La ruine de l'industrie et de l'agriculture". Industriels et paysans ne peuvent obtenir des wagons pour expédier leurs marchandises et quand, par bonheur, des moyens leurs sont alloués, les tarifs rendent leurs productions invendables. L'après-guerre est aussi une période de troubles sociaux importants. La fin du conflit n'a pas ramené la "paix civile". EN janvier 1919 les cheminots vauclusiens participent à une grève "surprise" déclenchée sur le réseau, pour réclamer la journée de travail de 8 heures. Le mouvement déborde sur d'autres corps de métiers et provoque quelques échauffourées, puis s'éteint. Il reprend, au niveau ferroviaire, le 21 juillet suivant, dans le cadre d'une action pour le désarmement et contre l'intervention française armée en Russie. Mais le mouvement est arrêté par la fédération nationale, à la grande déception des cheminots. Le cours de la vie reprend peu à peu... Mais...

Les cheminots de la gare de Cavaillon Petite Vitesse.

Inondations à Cheval-Blanc en 19.. Les intempéries ont été telles que la plateforme de la voie ferrée a été emportée et qu’un très important chantier de reconstruction a dû être mis en place.

Après ceux de 1919, 1920 est l'année de nouveaux et violents mouvements sociaux. La guerre et son cortège de souffrances et privations, la hausse du coût de la vie qui a suivi et qui n'est pas compensée par les allocations exceptionnelles versées par l'Etat, les réorganisations du travail en vue d'accroître les rendements et la forte ingérence de l'Etat dans les affaires des compagnies ont modifié l'état d'esprit des cheminots... Ils n'ont pas oublié l'échec des grèves de 1910.

Le 19 février, plusieurs délégués syndicaux (dont un avignonnais) sont sanctionnés pour des motifs futiles. Les cheminots des centres concernés lancent un mouvement de grève qui fait tache d'huile. Ils sont rejoints dans l'action par les autres gares les 24 et 25 (Avignon 23, Cavaillon 25, etc..), puis sur les autres réseaux les 26-27. Les sanctions prises par la Compagnie sont le "prétexte" officiel à la grève, mais diverses revendications salariales s'y rajoutent. Elle affecte pratiquement finalement la moitié du personnel (voire 80 à 90 % pour certains établissements). Les esprits s’échauffent. Des soldats sont postés le long des voies. On en place aussi dans les gares. Sorgues, Morières, Villeneuve... Reçoivent des détachements militaires (le 25: 100 hommes à Avignon, 25 à Pont d'Avignon, Cavaillon et l'Ardoise, 20 à Orange, 18 à Morières, 10 à Sorgues, l'Isle/Sorgue, Bollène...). Le 28 février, l'ordre de réquisition est diffusé. Les cheminots sont conduits dans les casernes pour y toucher un uniforme!

Situation officielle du 28 au matin (bureau du Préfet) Cavaillon :

  • 57 grévistes à l'exploitation... 21 ordres de mobilisation envoyés, 1 seul agent a obtempéré.
  • 45 grévistes à la traction... 6 ordres de mobilisation envoyés, 1 seul agent a obtempéré, 2 ont refusé, 3 ont repris le travail.
  • 5 grévistes à la voie.
  • 4 trains partis vers Avignon, Apt, Pertuis et Orange.

Mais la grève est inégalement suivie dans les régions et au sein même des diverses "corporations" du chemin de fer. Ses fondements, essentiellement politiques, font également qu'elle est mal ressentie par l'opinion publique. Elle est, également, durement réprimée par l'Etat et la Cie. (Près de cent cheminots vauclusiens révoqués). Aussi, le mouvement s'essouffle-t’il.

Situation officielle du 3 mars au matin (bureau du Préfet) Cavaillon:

  • Pas de reprises. Demandent la libération de leur camarade.

Le mouvement est relancé le 1 er mai. Quoi que moins suivie que celle de février, la grève prend dès le départ une plus grande ampleur. Elle s'étend rapidement à d'autres corps de métiers et prend un tournant plus insurrectionnel. Mais la réaction du gouvernement et les sanctions infligées par les compagnies sont très dures. Le mouvement prend fin le 29 mai, dans la plus totale confusion et le plus grand des désarrois... Les grèves de 1920 sont ressenties comme un fiasco retentissant. Quant aux cheminots, beaucoup souffriront de longs mois durant de la perte de salaire occasionnée par près d'un mois d'arrêt de travail. Elles auront précipité, malgré tout, l'adoption du statut du personnel cheminot, envisagé depuis 1918, et qui prend place à l'été 1920.

Fin 1935 des intempéries importantes provoquent de fortes inondations dans la région d'Avignon qui perturbent fortement les circulations. Les agents des divers services sont cités collectivement à l'ordre du réseau pour leur dévouement et leur zèle... A. Berout (Wagonnier à Cavaillon) et plusieurs autres agents de diverses gares sont cités pour actes méritoires. En 1936, M. X Faravel, chef de canton à Cavaillon et L. Monnet (garde de la voie déjà cité en 1932 et 1933!) sont cités dans le bulletin de la Cie., pour actes méritoires (sans autre précision...). En 1937 M Teyssier de L'isle/Sorgue sauve une personne âgée imprudente.

En 1937, encore, M et Mme Bégou (cantonnier et garde barrière à Cavaillon) parviennent à éviter un grave accident, alors même que M Bégou était en congés. Cet acte courageux leur vaut citation dans le bulletin P.L.M., mais il semblerait que la Cie soit un peu misogyne... Car seule la photo de monsieur apparaît dans la revue... M E. Debon (homme d'équipe à Cavaillon) est cité pour acte de probité. D'autres événements se déroulent quelques années plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, en pleine période d'occupation... On note des détournements de circulations ferroviaires de la ligne impériale sur le parcours Orange / Carpentras / L'Isle / Miramas provoqués par des destructions d'ouvrages sur la ligne principale. Ce sont là de très rares incursions de trains rapides tractés par des Pacific sur les lignes secondaires Vauclusiennes.

Ces convois militaires Allemands transitent également par cet itinéraire, mais durant une très courte période. Ces transferts sont limités par les agissements des réseaux de résistance locale. Notons, par exemple, le passage de convois d'un T.C.O., au nom de code "Mammutaster", qui circule entre Chalon/Saône et Marseille via Cavaillon. Il circule en juillet 1944. Il est composé de 12 trains de chars "Tigre". Le 28, le régulateur de Lyon signale que seulement 7 des 12 trains sont parvenus à Cavaillon, mais qu’ils sont refoulés vers Chalon de même que les convois qui sont encore en chemin... 1944 est aussi l’année de divers attentats et de violents bombardements visant à détruire des ouvrages sur la ligne afin de préparer le débarquement en Normandie. Les mois de mai, juin, juillet et août sont particulièrement éprouvants pour les populations et les infrastructures. C'est précisément le 27 mai que s'ouvre par le premier d'une longue série de raids aériens, une période d'enfer pour les Vauclusiens en général et les Avignonnais en particulier. Il faut détruire les infrastructures de transport ferroviaires ou routières afin de couper tout moyen de ravitaillement et de déplacement aux armées ennemies. Ces objectifs stratégiques (viaducs, gares, dépôts de locomotives, mais aussi aérodromes, ports et même trains!) sont donc particulièrement visés. Le 17 juillet à 12 H 47, cent soixante-deux avions attaquent les gares de Fontcouverte et Saint-Chamand et tournent au-dessus du dépôt d’Avignon. Les entrepôts de la S.T.E.F. sont touchés, la ligne Avignon-Cavaillon est coupée. Les installations cavaillonnaises sont également prises pour cible. Le 19 août, une nouvelle attaque aérienne vise à frapper les ouvrages ferroviaires et routiers de Cavaillon, mais ne semble pas atteindre son but. Le viaduc entre Cavaillon et Orgon est moins chanceux. Miné par les Allemands, il s’effondre dans la Durance. Ces événements prennent fin avec le mois d'août. Pertuis puis Cavaillon sont libérées, Les blindés alliés pénètrent en Avignon le 26…

Les violents bombardements de la gare de Cavaillon laissent place à un spectacle de désolation. Le dépôt des locomotives d’Avignon est détruit à près de 80% et le triage de Fontcouverte très approuvé.

En septembre 1951, vers 1 heure du matin, la rupture d'un des essieux d'un wagon citerne du train 6769, se dirigeant de Marseille vers Avignon à 80 Km/h, provoque un important déraillement en gare du Thor. La rupture d’un essieu en provoque son déboîtement. Il se bloque et se "plante" dans le ballast. Le lourd wagon est soulevé comme un vulgaire "ballot" de paille et renversé. Les autres véhicules du convoi s'enchevêtrent les uns sur les autres. Huit wagons de marchandises chargés de ciment, coton et superphosphates sont renversés et disloqués. Les installations fixes subissent d'importants dégâts. Fort heureusement aucune victime n'est à déplorer. Tout au plus le trafic est-il fortement perturbé.

Un autre accident spectaculaire se déroule sur le triage d’Avignon Fontcouverte le 19 octobre suivant... Plusieurs wagons citernes remplis de carburant, déraillent et prennent feu. Il est 15 H 30 environ, lorsqu’un train tracté par une locomotive 141 R, composé de 10 wagons d'essence, 8 de fuel, 1 de gas-oil, 1 d'huile minérale et 2 de bois, déraille sur une aiguille du triage. Sous la violence du choc, plusieurs citernes d'essence s'enflamment. Les flammes sont gigantesques. Elles dépassent de 15 mètres de hauteur! Elles s'échappent des soupapes de sécurité des citernes, qui res-semblent à de véritables chalumeaux. La fumée noire et épaisse est visible à plusieurs kilomètres à la ronde... Les wagons encore debout ainsi que la machine sont évacués par les cheminots présents sur place, malgré le danger et les difficultés dus à la chaleur. Elle est insoutenable! Au point que les sapeurs-pompiers d'Avignon et ceux de Montfavet, ainsi que le piquet incendie du 7eme Génie, peinent à approcher du sinistre. Il faut amener des rames de wagons vides pour faire écran et permettre aux porte-lances d'arroser les wagons en feu pour les refroidir. Huit lances à fort débit et du matériel "moderne", sont mis en batterie. L'eau est pompée dans le lac de St Chamand... Après 3 heures de lutte, le sinistre est enfin maîtrisé. Seuls quelques blessés légers sont à déplorer dont quelques sapeurs, légèrement brûlés au visage et aux yeux...

On relève dans "LE PROVENCAL" plusieurs articles relatifs à des accidents de passages à niveau. Il y est question, du décès de quatre personnes, occupants d'une 4CV. broyée au P.N. du Thor le 21 janvier 1951. Il semblerait que la sonnerie d'avertissement n'ait pas retenti. Malgré ce terrible accident, le même quotidien déplorera en 1956, que d'autres incidents se produisent encore au même endroit. Rien ne semble avoir été fait pour améliorer la sécurité de ce point singulier... L'année 1951 est marquée par d'importantes inondations. Les mois de mars et novembre sont particulièrement pluvieux et les précipitations font sortir les cours d'eau de leurs lits dans tout le Vaucluse. Les dégâts sont particulièrement importants. Le réseau ferré est également touché. Les dégâts sont estimés 10 millions 300 000 Fr. pour la ligne de Villeneuve à Miramas via Cavaillon, victime du Coulon (entre les P.K. 29.600 et 30.200).

Très spectaculaire… Le 25 juin 1955, un train de marchandises venant de Miramas (composé de 63 wagons, dont plusieurs de produits pétroliers!) déraille en gare de Montfavet. Dans la collision les wagons s'enchevêtrent et cinq wagons de pétrole s'enflamment immédiatement. L'incendie est particulièrement violent. Les flammes sortent des soupapes de sécurité des citernes. Sous l’effet du rayonnement, il s'étend au bâtiment de la gare et détruit partiellement le B.V.. Les sapeurs-pompiers doivent sauver une personne âgée et infirme, de la famille du Chef de gare, logeant à l'étage. Deux cheminots parmi beaucoup d'autres courageux, n'hésitent pas, au péril de leur propre existence, à s'approcher au plus près des flammes pour dételer une partie des wagons citerne et les éloigner du foyer, évitant ainsi une propagation des flammes à ces véhicules. MM Charles Ehrhard et Georges Poize reçoivent pour cela une citation à l'ordre de la S.N.C.F. pour fait de service. Plusieurs corps de sapeurs-pompiers sont engagés, dont ceux d'Avignon, Montfavet et Orange. Le sinistre est maîtrisé vers 16 heures après une heure et demie de lutte. Plusieurs sapeurs sont brûlés aux mains, aux yeux et au visage, mais sans gravité.

Le 22 juillet (à 5 H 30) à l'un des P.N. d'Avignon sur la ligne de Cavaillon, M Henri Icard (cultivateur) trouvant les barrières ouvertes y engage sa camionnette... Un train de marchandises survient, qui broie le véhicule... Mais, miraculeusement, épargne son conducteur.

La gare de Monfavet… Le bâtiment des voyageurs a été partiellement détruit par l’incendie qui a suivi le déraillement.

Passage du train spécial tracté par la Crampton.

Le 24 mai 1963, un train spécial tracté par une antique Crampton circule sur la ligne de Miramas à Avignon par Cavaillon. Il stationne d'ailleurs en gare, ainsi qu'à Avignon où il est arrêté pour la nuit. Le train repart le 25 pour le Teil. Cette circulation spéciale est effectuée pour le centenaire de la ligne de Toulon. Le train historique "1830" s'y était rendu quelques jours auparavant. La rame est composée de 3 voitures et d'un fourgon, tractés par la Crampton de 1852. La machine reviendra une dernière fois, seule, en Vaucluse les 16 et 17 février 1965. Elle traversera une nouvelle fois le département, arrivant par Villeneuve et la ligne de la rive droite, empruntant la ligne d'Avignon à Salon via Cavaillon. Elle sera utilisée cette fois prés de Monte Carlo, pour le tournage d'un film de P. Ustinov, "LADY L". Elle quittera un peu plus tard son dépôt d’attache de Sézanne, pour rejoindre le musée de Mulhouse où elle est encore visible aujourd'hui. En juillet 1966, M Etienne Gay, chef de la gare du Thor, reçoit le Louis d'or de l’amabilité.

La maisonnette de Madame Jullian au Thor.

Mais cette amabilité peut s'exercer aussi à l'extérieur du monde ferroviaire. Mme Jullian, garde barrière au Thor, en sait quelque chose, ayant à faire tous les jours avec les automobilistes... Sa gentillesse et son dévouement lui valent facilement le Louis d'or du sourire ainsi que ... L'équivalent de son poids en grappes de raisin, offert par le syndicat national des producteurs de raisin de table... Le 3 octobre, une bien agréable cérémonie se déroule au Thor, capitale mondiale du chasselas, sous la fraîcheur d'une tonnelle chargée de grappes dorées. C'est sous les applaudissements, face aux caméras de télévision de Marseille et sous l'œil impartial du garde champêtre, que Mme Julian se livre de bonne grâce à la pesée. Il faut reconnaître que le lieu est symbolique. La gare du Thor est en effet très active en matière d'expédition de raisins. Les trafics sont passés de 10 à 24 000 Tonnes en moins de dix ans (1958 / 1968)...

Mai 1968… Une date qui reste bien connue pour les violents mouvements sociaux qui secouent le pays. Commencée en région parisienne par les étudiants, la grève s’étend rapidement. Le 17, les premiers dépôts S.N.C.F. parisiens cessent le travail. Lors d'une réunion intersyndicale la grève illimitée avec occupation du dépôt est votée en Avignon. Les cheminots d'Orange, Cavaillon, Sorgues, etc., se joignent au mouve-ment, dans les jours qui suivent. Le conflit est dur. La reprise du travail ne se fait progressivement, qu’après d'âpres négociations, à partir du 7 juin. La même année M Philibert Martin, de la gare de Cavaillon, est primé au concours organisé par la revue « La Vie du Rail et « Le Jardin du Cheminot » (intitulé le jeu du plus gros poireau et destiné à récompenser les jardiniers) pour... Un amaryllis aux 36 fleurs.

La "grande" gare de Cavaillon

En janvier 1973, une mauvaise manœuvre en gare de Cavaillon provoque l'engage-ment de quatre wagons sur une mauvaise voie, où ils se renversent. Un ouvrier effec-tuant les chargements est légèrement blessé.

Cavaillon, du pétrole... en gare! Peut-on lire dans les journaux. En août 1980, une rupture de l'oléoduc Sud Européen, provoque une importante pollution dans les exploitations fruitières et maraîchères situées à proximité du canal de l'aiguillon, près de Cavaillon. Les services techniques et les services de secours sont immédiatement dépêchés sur les lieux, mais malgré leur rapide intervention, plusieurs milliers de mètres cubes de pétrole se sont écoulés dans les champs. D'importants moyens sont immédiatement mis en œuvre pour endiguer cette "marée noire". Il est nécessaire de ramasser le plus possible d'hydrocarbures et de conduire ce liquide récolté à l'aide de pompes écrémeuses, vers Bel air - la mède, pour le stocker et le retraiter. C'est ainsi que le rail est mis à contribution. Les ensembles routiers conduisent le pétrole jusqu’en gare de Cavaillon, où il est transvasé dans des wagons citernes. Plusieurs trains complets sont ainsi chargés et expédiés. Plus de 900 wagons, soit environ 5 735 Tonnes, quittent Cavaillon en quatre jours! La cohabitation entre ce trafic insolite et inattendu, et les expéditions normales de primeurs n'est pas très aisée. Heureusement, grâce à une excellente organisation et à la volonté de tous, cheminots et agents de l'équipement, pompiers et expéditeurs, l’ensemble des problèmes est résolu avec efficacité.

Plusieurs accidents corporels sont à déplorer dans le courant des années 1980. Plusieurs personnes, étrangères au chemin de fer vont trouver la mort pour avoir commis des imprudences. En 1981 un véhicule routier force le P.N. 2 sur la route de Montfavet (à la sortie du triage de Fontcouverte). Le train arrive et le percute. Bien que l'auto soit complètement "concassée" les trois occupants peuvent en sortir... légèrement blessés! Le 12 décembre, toujours sur la ligne d'Avignon à Cavaillon, un automobiliste perd le contrôle de son véhicule et percute les barrières du P.N. 8. Son véhicule est immobilisé sur la voie, et il tente en vain de l'en déloger avec l'aide de quelques témoins. Mais le temps est compté et la BB 8143 survient en tête d'un train... les piétons n'ont plus qu'à prendre la fuite et à assister à la collision... Qui ne fait, heureusement, aucun blessé.

Un accident particulièrement grave est à déplorer au P.N. de Gadagne le 6 octobre 1983. Un autorail y percute une semi-remorque en détresse au milieu des voies. L'accident est spectaculaire mais encore sans gravité. M Henri Corréard âgé de quarante-sept ans, mécanicien pilotant l'autorail, quitte alors son train accidenté pour mettre la voie en "sécurité", conformément au règlement. Mais alors qu'il descend sur les voies il est happé et tué sur le coup par un train croiseur. C'est ainsi qu'après avoir échappé à la mort dans la cabine de pilotage il tombe victime de son devoir.

L’un des deux passages à niveau de part et d’autre de la gare de Châteauneuf de Gadagne. Ces croisements entre route et rail sont souvent malaisés pour les poids lourds et malheureusement trop souvent le lieu de drames…

Cet homme unanimement reconnu pour sa gentillesse et sa droiture, laisse un grand vide dans la mémoire de ses amis et collègues de travail. Ses obsèques sont particulièrement émouvantes. Le 15 octobre, cinq des wagons d'un train circulant de Font-couverte vers Miramas quittent les rails sur un aiguillage... Les dégâts restent peu importants. En 1984, l'autorail Cavaillon-Avignon n°7106, transportant à son bord près de cent-vingts passagers quitte les rails à Morières. Peu de dégâts sont à déplorer, aucun blessé non plus, fort heureusement... Mais il semble s'agir d'un acte de malveillance...

Du matériel moderne pour les dessertes TER dont les rames Z2.

En 1988 la gare de Cavaillon fait de la publicité en distribuant quelques flyers… « A nous de vous faire préférer le train »…

Au début des années 80, la région Provence Alpes Côte d’Azur, signe diverses conventions d'exploitation avec la S.N.C.F. portant sur l'acquisition de matériel roulant. En conventionnant ses dessertes régionales, la région complète son engagement et prend la maîtrise de leur fonctionnement. Elle peut ainsi "modeler" à sa guise l'offre globale de transport, et tirer le meilleur parti des efforts consentis en matière de rénovation des infrastructures et d'achat de matériel roulant. Le 8 février 1985, la région P.A.C.A. signe une nouvelle convention d'une durée de cinq ans, visant à améliorer les dessertes régionales ferroviaires, mais aussi routières. En parallèle, la région engage une campagne de publicité destinée à faire connaître au public à la fois l'offre nouvelle et le matériel neuf. Une première action est lancée peu après la signature de la convention.

Deux trains gratuits sont mis en route, l'un au départ d'Orange, l'autre au départ de Cavaillon, tous deux à destination d'Avignon. Il s'agit de faire converger sur la principale gare du département une clientèle de jeunes. Quatre à cinq cents enfants y sont attendus. Plus de deux mille envahissent la salle des pas perdus! Dès leur arrivée, les enfants sont pris en charge par des comédiens qui se chargent de les maquiller et de leur remettre des accessoires pour le carnaval. Un spectacle participatif est ensuite proposé aux jeunes, avec goûter et concours de dessins et de déguisements. Dans le même temps les parents peuvent découvrir au quai numéro 1 la nouvelle génération de matériel. Une rame "Z2", une rame "Réseau", une voiture "cabine 8" ainsi que d'autres matériels et la voiture "cinéma" permettent à tous d'apprécier l'offre ferroviaire enfin rajeunie...

En 1985, une passagère étourdie, descend du train, en gare de l'Isle, alors que celui-ci a déjà commencé à rouler. La manœuvre est périlleuse, et la passagère ne doit son salut qu'au sang-froid de M F Perrin qui, ayant aperçu le manège, vole à son secours Il agrippe l'imprudente, la plaque au sol, pendant que les voitures défilent à proximité. Une action courageuse qui vaut une citation à son auteur.

Une bien belle manifestation. La coutume des parrainages est reprise le 2 février 1986 à l'occasion du baptême de la BB 22340 « Cavaillon ». Une cérémonie se déroule à la gare.

Fin juin, divers sites Vauclusiens sont visités par une foule de journalistes. C'est la "direction commerciale FRET" qui organise cette manifestation, visant à présenter à la presse les possibilités "logistiques" offertes par la S.N.C.F.. Afin de proposer une offre attractive à ses clients, la S.N.C.F. développe un système de logistique complet: Acheminement, stockage, distribution... Sont ainsi présentés aux invités, la gare multi fonction de L'Isle sur la Sorgue, et le site de Fontcouverte. Dans la première, des entrepôts couverts créés dans l'ancienne halle, servent de point de stockage et de distribution pour les magasins AUCHAN du Sud-est. L'entreprise Rousselot, implantée à l’Isle sur la Sorgue utilise également les services de la S.N.C.F. pour la gestion et les mouvements de son stock de matières premières et produits finis. A Fontcouverte, c'est le stockage et la distribution de rouleaux d'ouate de cellulose, d'emballages, de cartonnages, qui sont réalisés pour le compte de la société Peaudouce de Gadagne. L'entrepôt embranché de 4 600 mètres carrés est également utilisé pour des clients comme Schweppes ou Coca-Cola...

Les armes de la ville marraine de Cavaillon sur les flancs de la BB 22340.

Le 4 décembre 1994, une cérémonie du souvenir se déroule en gare de Cavaillon. Le nom d'Emile Gourdin ancien chef de gare, résistant, a été ajouté auprès de ceux de René Duclos et Georges Ferrières. M Gourdin, en charge de l'établissement cavare avait, en 1944, aidé certains groupes de résistance à réaliser divers attentats. Il avait, de son côté, directement sauvé la vie d'un cheminot recherché par la GESTAPO. Parmi l'assistance nombreuse assistant à cette cérémonie, il est à noter la présence de la fille de M Gourdin. Est présent, également, M Touchemoulin. Il est le chef de gare ayant assuré l'intérim à la direction de la gare, durant le temps de l'incarcération de M Gourdin.

La gare du Thor, voit également cette année une semi "résurrection"... Le club des modélistes ferroviaires avignonnais prend en effet "possession" des lieux pour y installer ses modèles réduits et le siège de l'association. Il n'existe certainement pas de meilleur lieu qu'une gare désaffectée pour y installer de telles activités. Las de voir ce bâtiment jadis si animé se dégrader peu à peu, subissant les outrages du temps mais aussi le passage répété de vandales, ces passionnés de chemin de fer sont parvenus à obtenir un bail de location de la S.N.C.F... Après avoir réalisé d'importants travaux de rénovation c'est avec grand plaisir qu'ils se sont installés dans l'ancienne gare. Ils peuvent désormais s'adonner à leur passion et faire circuler leurs petits trains tout en apercevant par les fenêtres le passage de leurs modèles réels...

Le 3 janvier 1995, une cérémonie se déroule à Cavaillon à l’occasion du baptême de la rame TGV LA POSTE n°3 et de la pose de la première pierre de la future plateforme messagerie.

La rentrée sociale 1995 est difficile. Dans le domaine du chemin de fer la tension monte peu à peu. Augmentation des charges de travail, baisse du pouvoir d'achat sont à la base des revendications.

Pourtant c'est essentiellement le futur contrat de plan qui mobilise les cheminots. Le spectre d'une libéralisation et d'une privatisation des chemins de fer pèse sur celui-ci. Lors de la réunion du conseil d'administration du 27 septembre, les représentants des cheminots réclament une participation de la "base" dans l'élaboration du contrat 1996-2000. La S.N.C.F. s'apprête à supprimer près de 6 000 kilomètres de lignes avant la fin du siècle, ainsi que de nombreux postes... Des manifestations se produisent le 12 octobre. Le mouvement de grève qui débute dans la dernière semaine de novembre est fortement suivi. Malgré le froid la mobilisation ne faiblit pas. A Avignon, l'appel lancé pour une manifestation le 12 décembre. Une nouvelle manifestation déverse plus de 25 000 personnes dès 10H dans les rues de la préfecture. Cheminots de toutes origines et usagers se mêlent sur la place du palais, dans la rue de la république, dans un cortège bruyant et coloré. C'est le 18 décembre que la grève prend fin, après 3 semaines de manifestations. Le 27 juin 2007, Un quinquagénaire enfonce la barrière du passage à niveau du Thor. Il est percuté par un TER. Ejecté de son véhicule il n’est que légèrement blessé. Le 9 novembre, une cyclomotoriste doublant la file de véhicules arrêtés ne parvient pas à s’arrêter à temps au passage à niveau de Châteauneuf de Gadagne. Miraculeusement, elle n’est que « légèrement » heurtée par le TGV LA POSTE circulant à 110 km/h. Elle ne souffre finalement que de légères contusions... Un véritable miracle.

En janvier 2008, un drame épouvantable se déroule en gare du Thor. Une jeune fille de 17 ans, qui venait de descendre du train et traversait les voies n’a pas entendu le sifflet (probablement à cause d’écouteurs sur les oreilles) du train croiseur et a malheureusement été tuée sous les yeux de membres sa famille venus la chercher. Les pompiers ont rapidement du mettre en place l’unité de soutien psychologique. En avril, un automobiliste ébloui par le soleil « abandonne » son véhicule sur le passage à niveau du Thor… Il n’est pas blessé. En décembre, un voyageur attendant son train en gare de Montfvavet signale une « masse » anormale sur les voies ferrées et donne l’alerte. C’est malheureusement une femme que trouvent les sauveteurs. Dépressive, elle s’était jetée sous le train durant la nuit.

La gare du Thor. Encore active au service des voyageurs mais il n’y a plus de personnel… C’est sur le passage planchéïé que c’est produit la tragédie de janvier 2008.

En mars 2009, un jeune thorois est tué par un TGV en gare. Il semblerait qu’il se soit volontairement donné la mort. En avril, une femme est happée par un train sur le passage à niveau du Petit-Palais. La thèse du suicide est également privilégiée par les enquêteurs. Durant l’hiver 2010, le 12 janvier, un camion semi-remorque, se retrouve coincé sur le passage à niveau de Gadagne.. Un accident matériel qui occasionne bien entendu, des perturbations sur la circulation ferroviaire…

Plusieurs vols de câbles électriques sont à déplorer fin 2010. Près de Cavaillon, Orgon, Salon, Sénas, Cheval-Blanc, Petit-Palais… Près de 3 kilomètres de câbles sont dérobés. Cet acte occasionne des perturbations de la circulation ferroviaire mais aussi routière, car le passage à niveau de Petit-Palais est mis en dérangement et ses barrières restent baissées !

En mars 2011, deux câbles électriques de 150 mètres de long sont dérobés près de la gare de L’Isle sur la Sorgue. Les agents SNCF découvrent également d’autres câbles sectionnés prêts à être emportés. Outre le coût très élevé des réparations, ce vol provoque de très fortes perturbations, provoquant des retards très importants à tous les trains. Les vols de câbles dans les emprises ferroviaires, de plus en plus fréquentes et audacieuses sont à l’origine de nombreux dysfonctionnements et vont pousser les autorités et la SNCF à intensifier la surveillance et à clôturer les gares et lignes.

Le 23 juillet, un octogénaire est percuté dans sa voiture, alors qu’il franchissait le passage à niveau de Sainte-Catherine à Montfavet. Le choc est d’une violence rare et l’automobile est traînée sur plusieurs dizaines de mètres avant d’être arrêtée par un pylône électrique. C’est d’un informe amas de tôle que les sauveteurs parviennent à extraire le conducteur qui est immédiatement conduit à l’hôpital de Marseille… Où il décèdera quelques heures plus tard. La thèse du suicide est retenue par les enquêteurs car des témoins affirment avoir vu la victime attendre volontairement la fermeture des barrières avant de s’engager sur les voies.

Le passage à Niveau de Sainte-Catherine entre Avignon et Montfavet est définitivement fermé.

Cavaillon : « Collision mortelle à un passage à niveau », titre le journal La Provence le 30 août 2011. La veille, en début d’après-midi, une automobiliste septuagénaire cavaillonnaise traverse le passage à niveau du chemin du Redortier à Cheval-Blanc (sans barrières) alors qu’un train arrive. Le choc est inévitable. L’automobile est poussée par la locomotive sur plus de 250 mètres. Malheureusement lorsque les secours parviennent sur les lieux ils ne peuvent que constater le décès de la conductrice, vraisemblablement tuée sur le coup. Ce passage à niveau peu fréquenté (d’où le fait qu’il ne soit pas protégé) n’est pas réputé pour sa dangerosité, bien qu’un accident ayant coûté la vie à deux personnes s’y soit déroulé une dizaine d’années plus tôt.

Evénement inattendu dans la cour de la gare de Cavaillon en ce 8 juillet 2012... Les témoins qui y ont assisté sont médusés. Ils disent avoir eu l’impression de se trouver plein milieu d’un tournage de film policier. Voyons ce qu’il s’y est passé… En pleine journée, alors que les consommateurs sont attablés aux terrasses, deux véhicules, une camionnette et un poids lourds arrivent à vive allure et se garent devant le bâtiment des voyageurs. Des hommes encagoulés en descendent. Ils aspergent précipitamment le camion d’essence et y mettent le feu… Avant de s’enfuir. L’opération n’a duré qu’une demi-minute… Et le camion flambe sur le parvis de la gare dégageant une épaisse fumée noire. Pompiers et gendarmes arrivent rapidement. Il semblerait que ces véhicules, volés, aient été utilisés pour des braquages… Mais pourquoi les malfaiteurs ont-ils décidé de venir s’en débarrasser en ce lieu ? L’enquête aura à le déterminer.

En juillet, un poids-lourd qui ne s’était pas arrêté à temps au passage à niveau entre Gadagne et le Thor, enfonce la barrière… Fort heureusement, il n’est pas suffisamment avancé pour engager le gabarit et le train qui arrive peut passer sans le heurter… Une catastrophe évitée de justesse.

Un bébé en couches sur la voie ferrée! En août 2013, deux promeneuses aperçoivent un bout de chou de deux ans « déambulant » sur la voie ferrée. Immédiatement elles retirent le bambin de sa position extrêmement dangereuse et le conduisent à la mairie. Dans le même temps, une maman affolée signalait aux sapeurs-pompiers la disparition de son enfant. Une histoire qui se termine heureusement avec plus de peur que de mal… L’explorateur en herbe avait réussi à tromper la vigilance de sa maman pour partir à l’aventure en franchissant la clôture du jardin par un petit trou dans le grillage!

Le passage à Niveau n°7 près de la gare de Châteauneuf de Gadagne. En se plaçant sur le passage on peut avoir une belle perspective sur la voie en ligne droite. On aperçoit la gare dont il ne reste plus que le BV en piteux état ainsi que l’ancien local des pompes à vapeur d’alimentation du château d’eau.

En janvier 2014, une collision se produit entre un train TER Marseille/Avignon et une camionnette sur un passage à niveau de la RD 900. Fort heureusement cet accident ne fait pas de victime mais perturbe la circulation ferroviaire. En février, les services de secours sont appelés en urgence… Un homme signale, dans un appel plutôt confus, qu’un adolescent aurait été happé par un train en gare de Sorgues ou l’Isle sur la Sorgue… Et qu’il serait en arrêt respiratoire. Parvenus sur les lieux, pompiers, gendarmes, médecins du SMUR et policiers municipaux ne découvrent… Absolument rien d’anormal! Une plaisanterie de très mauvais goût qui a actionné un important et lourd dispositif de secours… Inutilement. Quelques jours plus tard en mars, un homme se jette, semble-t-il, volontairement sous le train près de Morières. Malgré les mesures d’urgences prises par le conducteur du train… L’accident était inévitable…

En mars 2015 c’est un quasi miracle que se produit sur le passage à niveau de Châteauneuf de Gadagne… Une sexagénaire imprudent s’engage alors qu’un train est annoncé… Fort heureusement l’automobiliste n’a pas le temps de franchir le passage et le train qui le percute ne détruit que l’avant de sa voiture. L’imprudent en est quitte, on l’imagine facilement, pour une énorme frayeur. En décembre une personne est tuée par un train à proximité de la gare de Saint-Saturnin.

Les omnibus de correspondance...

Le chemin de fer c'est aussi la desserte routière depuis les gares vers les villages éloignés et les hôtels dans les plus grandes villes. Il faut y conduire les voyageurs qui arrivent dans les gares. Il faut également acheminer le courrier. C'est ainsi, entre autres, que M Alphonse Ferraud, maitre d'hôtel à Cavaillon, est autorisé, en 1869, à desservir son établissement depuis la gare. Pour les dessertes externes, MM Jea-Véran Vidau et Alphonse Jourdan, exploitants de voitures publiques de 18 places, sont autorisés à assurer, en 1868, la liaison entre Cavaillon et Miramas. D'autres se partagent également les dessertes vers les villes et villages limitrophes ou plus éloignées (Apt, Gordes...).

Les omnibus de correspondance et les voitures d’hôtels ou les voitures particulières en attente de l’arrivée du train devant les gares. Une activité extrêmement règlementée. Les sociétés de transport ou les hôteliers doivent à la fois recevoir un agrément préfectoral mais également une autorisation de la compagnie pour le stationnement en gare. Chaque exploitant se voit affecter une place de stationnement et doit se conformer aux règlements édictés par la Police des chemins de fer. Les tarifs sont homologués par le ministère des transports. Tout manquement peut être sanctionné par une interdiction d’accès… Donc la perte du marché.

Le chemin de fer c’est aussi tout un monde de sociétés et concessionnaires d’activités annexe. Les buffets et buvettes, les bibliothèques de gares et autres porteurs de bagages ou entreprises de camionnage.

Quelques gérantes de Bibliothèques Hachette de la gare de Cavaillon.

  • Mme Vve. Rose BRUN octobre 1924
  • Mme Vve. Pauline BOUSSUGES (née GALABERT) août 1926
  • Mme Vve. Laetitia VIAU (née RIGOT en 1884) janvier 1930
  • Mme Marie Louise GUILHOT (née RUFFIN en 1883) avril 1932
  • Mme Armande FERRIERES avril 1943
  • Mme BERTET novembre 1946

Quelques gérantes du buffet de la gare de Cavaillon.

  • Mme Vve DUCRES Madeleine juin 1920
  • Mme Vve GARDET juillet 1921
  • Mme Vve BRUN rose octobre 1924
  • Mme Vve FABRE février 1924
  • Mme Vve BOUSSUGES (née Pauline GALABERT) septembre 1926
  • Mme VIAU (née Laetitia RIGOT en 1884) janvier 1930
  • Mme Léontine PIN janvier 1933
  • Mme Hélène THOMAS Buvette 1934

Le train est arrivé en gare de Cavaillon. Une belle opportunité d’apercevoir les voitures anciennes à compartiments, portes latérales et marchepieds courant le long du train (sur lesquels circule le contrôleur!). Pour ceux qui souhaitent se rafraîchir en cette belle journée d’été (les hommes sont en canotier!) ou se restaurer le buffet leur ouvre ses portes et sa terrasse…

Le chemin de fer du PLM c’est aussi le transport… routier ! Par le biais de sa filiale TPLM, la compagnie propose dans les années 20 et 30 des circuits touristiques en autocars. Au départ de la gare d’Avignon il est possible aux excursionnistes de visiter entre autres, Gordes, le Luberon, Lourmarin, la fontaine de Vaucluse, les grottes de Thouzon, en passant par L’Isle sur la Sorgue, Cavaillon, etc..

Les hommes des chemins de fer...

Le chemin de fer ce sont enfin tous les hommes qui assurent son fonctionnement.

Les cheminots en gare de l’Isle sur la Sorgue, entourent sa majesté la locomotive.

Parmi l’innombrable quantité d’hommes ayant servi le rail sur cette ligne depuis son origine tous l’ont fait avec dévouement et professionnalisme mais certains ont pu, à une occasion particulière faire preuve d’un courage exceptionnel, nous les avons évoqués dans ce texte. Pour d’autres, c’est durant la dernière guerre que leur destin a basculé… Rendons leur hommage.

Emile Maurice François Gourdin, né le 1 octobre 1890 à Montélimar et décédé le 6 décembre 1944 à la gare de Cavaillon.

Pour avoir participé ou facilité diverses actions de résistance et de sabotage, M Gourdin, chef de gare de Cavaillon, est arrêté par la Gestapo le 15 avril 1944 et déporté. Il décède à la gare même, en décembre, quelques mois après son retour des suites des sévices endurés durant sa captivité.

Deux autres cheminots du même établissement, René Duclos et Georges Ferrières, sont tués pour faits de guerre. Une plaque apposée en gare rappelle leur sacrifice.

  • René Duclos, tombé au champ d’honneur dans le Somme en juin 1940.
  • Georges Ferrières fusillé le 22 août 1944 à L’Isle sur la Sorgue.

Une autre plaque portant les noms de Maxime Julien et Frédéric Lung est apposée sur le monument aux morts du cimetière de Châteauneuf de Gadagne. Elle y a été dévoilée le 27 mai 2003, remplaçant celle qui était apposée sur le quai de la gare (désormais désaffectée).

Un autre lieu nous rappelle les bombardements de 1944. Au triage de Fontcouverte une plaque garde la mémoire des agents qui ont péri durant ces événements :

  • Georges Charmasson
  • François Germond
  • Marguerite Gilbert (Vve Touranche)
  • Fernand Girard

L’esplanade de la gare de Morières est également Baptisée du nom d’un grand résistant cheminot Pierre Semard.

Il est parmi les cheminots Vauclusiens certains poètes méconnus... Tel est le cas d'Anfos Tavan, poète d'origine paysanne, cheminot plus par nécessité que par passion, mais amoureux sincère de ses racines, de sa terre, de sa langue.

C'est à Châteauneuf de Gadagne que, en l'année 1833, Anfos Tavan, voit le jour. Fils de modeste viticulteur, il fréquente l'école locale jusqu'à l'âge de 12 ans, puis, comme tous les jeunes de cette époque, travaille avec son père, aux champs. Mais la vie est difficile et il doit abandonner à son corps défendant, sa campagne pour entrer à la compagnie du P.L.M.. Il débute à Rognac, mais son âme de poète ne semble pas s'accommoder des rigueurs toutes militaires du chemin de fer. Bon an mal an, il poursuit malgré tout sa carrière, qui le conduit ensuite jusqu'à Marseille. Mais la "grande ville" ne lui fait pas oublier son village et à chaque fois qu'il le peut, il revient à Gadagne... par le train.

Avec Paul Giéra, Roumanille, Théodore Aubanel, Anselme Mathieu, Brunet et Frédéric Mistral, il fonde le mouvement de défense de la langue provençale, le Félibrige... Cela se passe le 21 mai 1854... L'œuvre de Tavan est donc essentiellement provençale. Parmi ces écrits, il publie "Vie Vécue", en 1900.

En 1865, il épouse Melle Arnous à Rognac, mais leur couple est durement frappé par le décès successif de leurs 2 enfants. vingt ans plus tard, il achète l'ancienne mairie de Gadagne et s'y remarie. De cette union naîtra un fils.

Il prend sa retraite en 1893 et nous quitte en 1905.

Que reste-t-il de tout cela?

Mais que reste-t-il de tout cela en 2015?

De par son importance dans le dispositif ferroviaire régional et malgré la disparition de l’embranchement d’Apt et de la ligne d’Orange à L’Isle sur la Sorgue, malgré la suppression du service de voyageurs vers Pertuis, la ligne a pu se développer, se moderniser et reste aujourd’hui un axe de trafic relativement important.

La disparition du trafic fret dans la plupart des gares et la suppression de la gestion ou l’abandon pur et simple de certains établissements ont toutefois généré de profonds changements dans la physionomie de la ligne. De nombreux passages à niveau, bâtiments et locaux sont abandonnés ou ont été démolis.

Petit voyage au fil des voies…

Avignon Fontcouverte

La sortie d’Avignon se fait en remblais et la voie croise par des ponts de nombreuses rues et avenues. Elle longe ensuite le triage de Fontcouverte et la gare d’Avignon sud, croise les anciens PN maintenant disparus et se dirige vers Montfavet.

La gare de Fontcouverte qui comprend les faisceaux du triage et les embranchements vers la gare TAC devenue Avignon-Sud, de la STEF maintenant abandonné et du MIN. Sur les images le centre STEF construit en 1936 ne comporte que 2 tours de glaçage. Il y en aura 4 à l’époque de la production maximale de 800 tonnes par jour.

Les postes d’aiguillage 1 et 2 du triage. Seul le poste 1 est encore actif, il télécommande tous les itinéraires de la zone.

Montfavet

Comprise dans le « grand-Avignon » la gare de Montfavet est rapidement atteinte. L’ensemble est en très bon état et elle dispose encore d’un guichet de vente ouvert plusieurs jours par semaine et d’un automate. On peut encore découvrir dans cette gare ce qui était le jardin du chef de gare (abandonné) avec son clapier et son puits et la gare des marchandises si elle n’est plus utilisée, offre une grande réserve foncière.

Un bâtiment des voyageurs en parfait état… Et juste derrière, le jardin du chef de gare aujourd’hui malheureusement abandonné

L’entrée de la gare n’a pas vraiment changé…Seul le niveau de la chaussée a été réhaussé.

Morières

Après Montfavet la ligne se dirige vers l’ancienne gare de Morières. Même si elle n’est plus occupée par du personnel SNCF cette gare (PANG Point d’Arrêt Non Géré) a la particularité de conserver encore certains anciens bâtiments comme l’abri de quai pour les voyageurs et le quai couvert pour les marchandises. Le passage à niveau accolé est toujours en activité mais la maisonnette a disparu.

Un bâtiment des voyageurs en parfait état… L’abri de quai et le quai aux marchandises sont toujours en place. Le passage à niveau est encore en activité.

Saint Saturnin les Avignon

Malheureusement la gare de Saint Saturnin est en bien mauvais état... C’est un PANG (Point d’Arrêt Non Géré) Les quelques bâtiments qui sont encore en place semblent bien abandonnés…

Quelques bâtiments encore debout mais quasi abandonnés…

Châteauneuf de Gadagne

Malheureusement la gare de Châteauneuf de Gadagne, très isolée et éloignée du centre du village est devenue point d’arrêt non géré... Il ne reste maintenant plus que le bâtiment des voyageurs bien esseulé. Les, abri à primeurs, abri à voyageurs et quai couvert pour les marchandises ont été abattus. Les grands arbres qui faisaient de l’ombre dans la cour de la gare ont été coupés.

Gadagne au temps où il y avait encore un abri à primeurs et un abri de quai pour les voyageurs et … Des platanes. La gare était même encore habitée. Maintenant il ne reste plus que le BV esseulé, bien loin du centre-ville… Parfois vandalisé. La plaque commémorative à la mémoire des cheminots tués par fait de guerre apposée sur le quai a dû être déplacée au cimetière municipal.

Le Thor

La gare du Thor est globalement en bon état, mais il faut dire qu’elle a été rafraîchie il y a peu de temps… Pour autant, tous les éléments relatifs au transport des marchandises ont été abattus. La gare est pourvue d’un parking et d’un guichet, ouvert du lundi au vendredi et fermé les samedis, dimanches et jours fériés

Une gare bien active avec un parking bien utile. L’ensemble est en bon état mais bien dépouillé. Toutes les installations pour le fret ont été rasées…

L’Isle sur la Sorgue Fontaine de Vaucluse

La gare est encore très active au service des voyageurs et possède encore un guichet de vente ouvert tous les jours et d’un automate. Le bâtiment des voyageurs et le parvis ont été totalement rénovés en 2003 ce qui permet aux voyageurs de bénéficier d’une gare accueillante. La gare des marchandises, par contre, a disparu et ses emprises ont utilisées comme parking pour les automobiles. La marquise du BV et l’abri parapluie du quai ont disparu avec l’électrification et l’abri-lampisterie est abandonné. Le passage à niveau accolé à la gare a été remplacé par un passage sous voies. L’ancienne remise des locomotives est encore en place est utilisée comme garage pour le service de l’équipement. On remarquera qu’il reste encore en gare la partie terminale de la ligne vers Orange ainsi qu’un ancien passage à niveau.

La gare à deux époques un peu anciennes… Au début du siècle dernier avec les omnibus de correspondance en attente des voyageurs… La photo est prise probablement un peu après la guerre de 14 car on commence à voir les véhicules automobiles.

Une vue aérienne datant probablement des années 60. La ligne n’est pas encore électrifiée. La gares est pourvue des tous ses équipements et bâtiments, y compris l’abri parapluie sur le quai et le passage à niveau.

Dans les années 80 le cirque Bouglione s’installe illégalement en gare de l’Isle sur Sorgue… Etrange. Et très improbable en terme de sécurité ! La ville s’est tournée dans les années quatre-vingts vers le tourisme et principalement les antiquités. Le quartier de la gare s’est progressivement transformé sous cette impulsion et de nombreux entrepôts on locaux anciens se sont reconvertis dans ces activités, mais en gardant sous forme de clin d’œil, une référence à l’activité ferroviaire.

Le quartier de la gare devenu un lieu de chine…

La voie de l’ancienne ligne d’Orange est encore en place, mais désaffectée. Sur la droite l’ancienne gare des marchandises est utilisée comme parking…

Cavaillon

La gare de Cavaillon reste la plus importante de la ligne. Modernisée et transformée en 2015.

De nombreux articles de presse des années 50 , 60 ou plus récents nous permettent de retrouver quelques moments forts de la vie quotidienne… Des accidents de passages à niveau aux protestations d’expéditeurs en passant par la coordination des lignes et le louis d’or de l’amabilité remis au chef de gare.

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16/12/2015
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