LES VOITURES POUR LES VOYAGEURS..

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LES VOITURES POUR LES VOYAGEURS...

 

L'étude de l'histoire des chemins de fer fait souvent la part belle aux célèbres locomotives à vapeur qui ont alimenté les rêves de nombreuses générations mais il est assez rare que le matériel remorqué soit lui aussi mis à l'honneur, si ce n'est en ce qui concerne les "trains de légende". Mais, qu'il s'agisse des voitures pour les voyageurs ou des wagons pour les marchandises, les évolutions ont été aussi rapides et profondes que pour le matériel moteur.

A l'origine, les véhicules ferroviaires ne sont plus ou moins que la transposition sur rails des chariots, tombereaux et autres diligences. D'ailleurs, pour les voyageurs, les voitures (le terme wagon étant réservé aux engins pour le transport des marchandises... sauf étrangement pour les... Wagons-lits, wagons-restaurant!) ferroviaires seront fabriquées longtemps.. en bois! Une situation qui ne manquera pas de poser de très graves problèmes de sécurité.

Revenons rapidement sur l'histoire de ce matériel... Qui a bien évidemment, emprunté les lignes Vauclusiennes...

SITUATION DU MATERIEL ROULANT AU 30 JUIN 1850

Matériel Restant à construire TOTAL
en service en cours de livraison en construction
1 GRANDE VITESSE
Voitures de 1 classe à 6 roues 3 10 13
Voitures mixtes à 6 roues 35 5 40
Voitures de 3 classe à 6 roues 51 51
Waggons à bagages à 6 roues 7 5 12
Waggons freins à 4 roues 10 10
Waggons écuries 8 8
Trucks pour chaises de Poste 16 4 20
Truck pour diligences 15 15
2 PETITE VITESSE
Waggons couverts 101 50 151
Waggons plats 152 152
Waggons à bestiaux 51 51
Waggons à maringottes 12 12
Waggons à houille 32 75 93 200
Waggons freins 10 10
A.D. Vaucluse 1 DOC 210. Assemblée Générale 16 sept 1850 Cie Marseille/Avignon

Les voitures pour les voyageurs..

Train express sur la côte d'azur

Un train express sur la côte d'Azur photographié en 1895 et tracté par une machine de la série 111 à 400. On aperçoit le fourgon et sa vigie derrière la machine et les voitures à portières latérales et marchepied courant le long du train.

En ce qui concerne le matériel voyageurs, il est difficile d'imaginer les premiers tombereaux à charbon dans lesquels on ajoutait simplement quelques bancs de bois pour transporter les voyageurs moyennant une somme dérisoire, sur la première ligner ferrée du côté de Saint-Etienne! Bien entendu, le "toit" manquait alors sur la tête des voyageurs... L'usage du parapluie était recommandé, même par beau temps, pour s'épargner des escarbilles parfois incandescentes. Les voyageurs les plus fortunés pouvaient faire embarquer sur des "trucks" leurs chaises de poste personnelle pour s'éviter ces inconvénients.

Que de chemin parcouru aussi depuis les premières voitures de la Cie. d'Avignon-Marseille au milieu du XIX siècle et les confortables voitures qui nous emmènent aujourd'hui... La construction de wagons clos réservés exclusivement aux voyageurs est donc malgré tout une première réelle avancée en terme de confort. Mais les voyageurs y étaient enfermés... Les pouvoirs publics craignaient la "nervosité" des voyageurs quant aux compagnies elles craignaient les resquilleurs. Il faut attendre le terrible accident de Meudon pour que cesse cette pratique.

Lors de sa création (par fusion de plusieurs compagnies) en 1857, le P.L.M. se retrouve pourvu de véhicules d'origines et de qualités diverses... La "Cie. de la Méditerranée" apporte, par exemple, un lot de 344 voitures, 4 voitures "salon" et 90 fourgons à bagages (dont certaines d'origine Avignon-Marseille) et même des "trucks"... Sorte de wagons plats sur lesquels on charge les... Diligences ou les chaises de poste!

VOITURE

Ancienne voiture PLM à 3 essieux et portières latérales de I classe ... On aperçoit également les réservoirs de gaz sur le pavillon.

Ci-dessous une belle prise de vue en gare de Cavaillon...

PARCOURS KILOMETRIQUES MARCHANDISES VOITURES ET WAGGONS 1849
PARCOURS TOTAL LOCOMOTIVES A Marchandises 93,841 Km.
Voyageurs 444,687 Km.
PARCOURS TOTAL TRAINS DE Marchandises 89,522 Km.
Voyageurs 422,062 Km.
PARCOURS TOTAL VOITURES ET WAGGONS VOYAGEURS A Voitures Hors classe 584 Km.
B Voitures Mixtes 1,081,411 Km.
C Voitures de 3 Classe 865,714 Km.
D Waggons à bagages 408,197 Km.
E Trucks à chaises de poste 71,816 Km.
M Brakes 478,577 Km.
N Trucks à diligences 421,297 Km.
PARCOURS TOTAL WAGGONS A MARCHANDISES F Waggons écuries 27,138 Km.
G Waggons à marchandises 1,257,876 Km.
H Waggons plats 796,899 Km.
I Waggons à maringottes 81,636 Km.
K Waggons à bestiaux 459,977 Km.
L Waggons à houille 171,318 Km.

Documents A.D. VAUCLUSE

Apt. Les bouillotes refroidies ont été remplacées et posée sur le quai.

Ces antiques véhicules sont, à l'occasion de révisions ou de renouvellements, modernisés ou remplacés par du matériel "unifié" de la Compagnie. S'il n'est pas spécialement plus confortable ce nouveau matériel a au moins le mérite d'être identique sur tout le réseau. Les voitures, dont la morphologie rappelle encore beaucoup les "voitures" routières, sont à 2 ou 3 essieux. Elles sont réparties en 3 classes, de confort décroissant (La troisième classe ne disparaîtra qu'en 1956!). Elles ne comportent à l'origine ni toilettes, ni chauffage, encore moins de couloir central ou de système d'intercirculation. Pour la 3 eme classe il n'y a parfois même pas de vitre. L'éclairage est obtenu par des lampes à huile et le chauffage... Par des bouillottes placées sous les pieds des voyageurs... De 1 ere classe seulement. Certaines gares sont équipées d'installations spécifiques pour le chauffage de l'eau des bouillottes, car celles-ci se refroidissent bien vite. Lors de l'arrêt en gare le lampiste remplace alors prestement les bouillottes refroidies... Un travail que leurs jalousent les collègues car il leur permet d'apercevoir les chevilles des dames! Mais le P.L.M., conscient du parti qu'il peut tirer d'une clientèle touristique, s'emploie à améliorer le confort de ses voitures pour se la "ménager". "Les voitures des trois classes sont on ne peut plus convenables" vante une brochure publicitaire de la compagnie en 1856. "Le mode de chauffage adopté pour l'hiver dans les voitures de 1ere classe est le seul excellent qui ait été jusqu'ici pratiqué. Nous avons des chauffoirs plan immobiles, recouverts d'un tapis. Le pied du voyageur s'interpose entre cette surface échauffée et un second tapis fourré et la plus douce des chaleurs se maintient... Les voitures de 3 eme classe elles-mêmes sont fermées à glace. L'appel des voyageurs, pour leur introduction des salles d'attente dans leurs voitures commence par la 3eme classe et finit par la 1ere".

Comme ces voitures demandent un entretien important, des remises et des ateliers sont installés dans divers établissements, ainsi que des stations de lavage et nettoyage... Le plus important se trouve à Avignon, mais on en trouve aussi à Pertuis, Cavaillon, Orange..

Anciennes remises des voitures de Pertuis, Cavaillon et Orange OlB.

Nos vieux wagons de bois, ceux dont nous aimions, dans notre enfance, parcourir les couloirs en courant, vont bientôt disparaître. Ils seront progressivement remplacés par des wagons métalliques qui sont plus résistants et qui sauvèrent déjà de nombreuses vies. Réjouissons nous et laissons partir sans remords nos vieux wagons de bois qui en 1954 auront totalement disparu. Cependant, pour le peu de temps qu'ils ont encore à vivre, ils sont tout de même l'objet de soins attentifs du service d'entretien de la S.N.C.F. comme on peut le voir sur notre photo. (Photo EM)
LE PROVENCAL 1951 (A D Vaucluse)

De 1864 à 1887, de nouvelles séries de voitures sont livrées pour faire face à l'accroissement des besoins, tant quantitatifs que qualitatifs. Le chauffage à la vapeur est testé vers 1860. Les suspensions des voitures de 1ere classe sont améliorées, vers 1867. Les banquettes de bois de 3eme classe sont... rembourrées avec du crin. Avec l'allongement des voitures, vers la fin du siècle, des toilettes apparaissent progressivement, de même que le frein à air comprimé qui permet, en améliorant la sécurité, d'augmenter la vitesse des trains. Au fur et à mesure que les voitures deviennent obsolètes sur les grandes relations elles sont déclassées et reversées sur les lignes secondaires... Elles circulent vers Carpentras, Pertuis, Apt, Nyons... Bien souvent, ce sont dans des compositions mixtes "Marchandises/Voyageurs"... Le développement du tourisme (... pour voyageurs fortunés!) conduit le P.L.M. à améliorer sans cesse le confort de ses voitures grandes lignes. Elles deviennent voitures "fauteuils-lits", "lits-salons", "lits complets", "restaurant"... La dernière décennie du XIX ème siècle voit l'apparition de voitures plus longues à 3 essieux et même à bogies.

Voiture P.L.M. à bogies de 1 classe.

Le premier quart de XX ème siècle est marqué par le développement du trafic corrélativement à l'engouement des voyages et la vogue pour la Côte d'Azur. Sur les lignes principales, les anciens matériels sont définitivement abandonnés et remplacés par des voitures exclusivement à bogies* (et 3 essieux pour les 2 eme et 3 eme classe). Les voitures sont à compartiments, avec couloir latéral et soufflets d'intercirculation. Elles sont équipées de l'éclairage au gaz riche (Avignon possède une installation de stockage et distribution de gaz). On peut voir les réservoirs allongés placés sur les toits des voitures. Puis l'éclairage devient peu à peu électrique à partir de 1921. Les voyageurs peuvent désormais se déplacer tout au long du train... De même que le contrôleur. Une amélioration non négligeable pour cet employé qui devait auparavant et dans toutes les conditions atmosphériques, contrôler les billets en cheminant à l'extérieur des voitures sur le marchepied latéral!

Le chef de train acrobate... sur les plates-formes des anciens wagons de l'OLB ou sur les marchepieds des voitures LLM puis PLM...

Pour satisfaire une clientèle aisée les voitures deviennent de plus en plus confortables. De luxueux trains circulent entre Paris et la Méditerranée, comme le "Côte d'azur rapide". Tous ces convois marquent l'arrêt en Avignon. Certains y ajoutent à leur composition une voiture restaurant.

VOITURE PULLMAN

Voiture restaurant Pullman...

Au delà de 1925, apparaissent les premières voitures métallisées* (sur armature bois) ou entièrement métalliques (certains accidents particulièrement graves, mettront à jour les risques liés à des collisions entre véhicules en bois et véhicules métalliques). Les véhicules à caisse en bois sont finalement retirés du service ou métallisés sur armature acier. Les voitures métalliques perdent ensuite, peu à peu, leurs rivets apparents pour présenter des faces lisses. Certaines voiture haut de gamme sont même construites en acier inoxydable... A partir de là, le confort de ces nouvelles voitures ne cesse de s'améliorer, avec au passage les voitures PULLMAN de la Compagnie Internationale de Wagons Lits, les voitures du MISTRAL et autres véhicules de grand luxe. Avec les dernières générations de voitures de grande lignes, les vitesses limites de circulation seront portées à 200 km/h. La climatisation est généralisée dans ces voitures et divers service proposés à bord. A l'inverse, l'apparition des T.G.V. et, de fait le raccourcissement des temps de voyage, font réduire puis disparaître l'usage des voitures restaurants, transformées un temps en voitures libre service "GRIL EXPRESS".

Le matériel moderne...

Voiture Corail TER Rhône Alpes...

Retour dans le passé...

Extrait du bulletin PLM 1936 (ci-dessus) et Agenda P.L.M. 1926 (ci dessous)

 

Le matériel particulier...

D'autre véhicules à usage spécifique sont également incorporés aux trains de voyageurs. Il s'agit des voitures postales* (maintenant disparues) allèges* et ambulants* destinées au transport du courrier (il est même possible de poster son courrier directement dans une boite à lettres des ambulants!), On rencontre également des fourgons chaudières, destinés à assurer le chauffage à la vapeur des trains sur les lignes à traction diesel, après la disparition des locomotives vapeur. Les MISTRAL comportent également un fourgon spécifique: Le fourgon générateur. Dans cette voiture spécifique, un groupe électrogène produit le courant électrique nécessaire à l'éclairage, la climatisation et les fonctions annexes de la rame. Il existe encore les fourgons* à bagages dans lesquels sont stockés les bagages volumineux, bicyclettes, colis urgents et les chiens dans un compartiment spécial (et même des fraises). On trouve aussi les fourgons porte-autos*, plus récents, pour les relations avec automobiles accompagnées (T.A.A., T.A.C...).

EFFECTIF MATERIEL ROULANT SOCIETE CHEMINS DE FER ECONOMIQUES
VOIE ETROITE (1m) Affermé à la Société
ORANGE LE BUIS (Cie P.L.M.)
1912 1914
Fourgons à bagages 2 essieux 4 4
Voitures Mixtes 1/2e Cl sans Fourgon 10 10
Fourgons à bogies 3 3
Wagons couverts à volets mobiles 33 43
Wagons tombereaux 36 36
Wagons plates-formes 18 18
Wagons à traverse mobile 10 10
Wagon de secours 1 1
Grue roulante de 6 T 1 1

Comme pour les marchandises la ligne d'Orange au Buis était pourvue d'un certain nombre de voitures spécifiques, lesquelles étaient entretenues dans un atelier spécialisé en gare d'orange. Ces véhicules, d'un confort pour le moins spartiate, ne subiront aucune modernisation durant toute leur carrière. Il est aisé d'imaginer que les derniers voyageurs de ce petit train ne devaient plus guère apprécier ce matériel d'un autre âge.

Voiture de l'OLB... Comme on en rencontre encore aujourd'hui sur certains trains touristiques comme le chemin de fer du Vivarais. 2 Rescapées de l'OLB sont actuellement localisées au chemin de fer de baie de Somme...

VOITURE OLB

voiture PLM ABef 5 (Decauville 1906) sur le port de St Valery , du Chemin de Fer de la Baie de Somme. Cette voiture a circulé,ainsi que la PLM ABef 4 (en attente de restauration) sur la ligne Orange-Buis les Baronnies.

Le matériel du parc de service ...

Après avoir longuement roulé sur les lignes principales, puis parfois sur des lignes secondaires (on pouvait voir à une certaine époque une ancienne voiture attelée derrière... un locotracteur assurant le service des voyageurs à Pertuis!) il arrive que des voitures connaissent, avant de finir chez le ferrailleur, une dernière vie dans le parc de service. Une occasion de retrouver sur quelques voies de débord de très anciennes voitures... Souvent bien fatiguées. Elles ont été transformées en voiture dortoir pour les équipes de travaux, en voitures ateliers ou magasin, en voiture de secours ou voitures de mesures et ne sont plus que l'ombre d'elles mêmes... Pas toujours facile de retrouver une ancienne voiture lits du PLM, une OCEM voire même une pullman! Quelques plus chanceuses ont été reconverties en voitures expositions.

Des voitures en mauvaises postures...

Le 23 octobre 1885, une voiture de 1ere classe du train rapide n°10 déraille près de la gare de Piolenc, par suite de l'écartement du bandage d'une roue du milieu. Le conducteur (Il faut lire, le chef de train et non le mécanicien de la locomotive, bien sûr...) prévenu par les voyageurs au moyen de l'appareil électrique Prud'homme (Cet appareil est l'un des ancêtres de notre signal d'alarme actuel. Le chef de train, lui, avertit le mécanicien par l'intermédiaire d'une cordelette reliée à une cloche placée sur le tender de la machine...) fait arrêter le train avant que l'incident ne se transforme en catastrophe et que des voyageurs ne soient blessés ou tués...

Déraillement du rapide Suisse-Méditerranée...

Le 13 août 1934, un accident se produit en gare même d'Avignon. Le rapide Suisse-Méditerranée déraille. Huit personnes sont tuées et 30 autres blessées, lors de cette catastrophe. Le mécanicien Achard est incarcéré. Cette décision occasionne une importante mobilisation syndicale...

Bombardements de 1944... gare d'Avignon.

Déraillement de Bollène...

En 1953 une fillette de trois ans tombe d'un train en cours de route entre les gares de Bédarrides et Courthézon! Fort heureusement l'enfant n'est relevée qu'avec des blessures légères à la tête. Les conséquences auraient pu être dramatiques. Tout cela, semble t'il, est dû à la vétusté des voitures dont les portes ne fermaient plus de manière convenable.

L'année 1957 est marquée par le destin pour le chemin de fer Vauclusien. Le 19 juillet, une catastrophe sans précèdent se déroule en gare de Bollène la Croisière. Jeudi 18 juillet, gare de Nice, de nombreux voyageurs prennent place, en soirée, dans les voitures du train de luxe numéro 20. La rame est composée de lourdes voitures lits et d'une voiture restaurant à l'impeccable livrée bleue. A Marseille, au dépôt de la Blancarde, le mécanicien Mazi et le chauffeur Fraisse, mettent "sur plaque" leur 241 P 22. Il est 22 h 20. Ni eux, ni les voyageurs qui montent pendant ce temps dans les voitures ne se doutent du tragique destin qui les guette un peu plus loin vers le Nord... A 23 h, la machine arrache le convoi du quai de la gare ST Charles et s'engage sur la ligne Impériale. Il fait nuit, le temps est très mauvais pour une nuit d'été... il pleut. Après un bref arrêt en Avignon, la 241 P reprend sa course effrénée vers son destin. Pendant que le convoi poursuit son chemin, quelques ennuis "techniques" se déroulent en gare de Bollène. Une rame de wagons de marchandises est expédiée depuis Orange pour être garée à Bollène, mais une certaine confusion règne dans la transmission des ordres entre le régulateur et les agents sur le terrain. Brusquement, alors que le train de marchandises est attendu, c'est le rapide qui se présente. Il est 1 heure 15 du matin, le Côte d'AZUR PARIS, déraille sur un aiguillage. Alors qu'il arrive à pleine vitesse, il est tout à coup détourné sur une voie de garage... Le bilan est lourd. La machine se couche sur le flanc entraînant tender et fourgon. Puis les voitures se télescopent, s'enchevêtrent, se chevauchent...

Un autre accident est évité en gare d'Avignon le 12 décembre 1966. Un voyageur imprudent descend d'une voiture à contre voie, glisse sur le marchepied, chute sur les rails, heurte le ballast de la tête et reste ainsi inanimé... les jambes reposant sur le rail! Un train est annoncé et le malheureux voyageur ne se relève pas. Fort heureusement M Louis Montet, lampiste, est témoin de l'incident. Il descend sur les voies pour hisser le blessé sur le quai et le soustraire au danger imminent. Cela se passe en quelques secondes. Un instant seulement avant que le convoi n'entre en gare. Une fois n'est pas coutume, les obscurs serviteurs du rail, que personne ne remarque jamais sur les quais, sont mis en lumière. La récompense décernée à M Montet, ne manque pas de rejaillir sur la filière "lampiste"...

Acte de courage en gare d'Avignon le... 1 avril 1967. Il est environ 13 H 30, le train 11 052 s'ébranle des quais. Aussi étonnant que cela puisse paraître et sans que nous ayons pu connaître ses motivations, une voyageuse imprudente tente de descendre d'une voiture alors que le convoi commence à prendre de la vitesse. Comme il est aisé de l'imaginer, lors de cette périlleuse manœuvre, l'étourdie voyageuse glisse entre le train et la bordure du quai numéro 2! Immédiatement des témoins font des signes au mécanicien pour qu'il freine. Mais durant ce laps de temps, un cheminot courageux, M Fradgi Cohen, visiteur de gare au chantier de Fontcouverte, se précipite. Immédiatement il empoigne la victime et s'efforce de la maintenir hors de portée des roues des voitures qui défilent à quelques centimètres à peine. Il est ensuite aidé par M DORI, porteur en gare, pour extraire la malheureuse de sa fâcheuse posture. Fort heureusement, et grâce à la présence d'esprit de M Cohen, la voyageuse, ne souffrant que de très légères contusions pourra reprendre son voyage. Cet acte vaudra à son auteur la remise d'un diplôme d'honneur avec citation. Celui ci lui sera remis lors d'une cérémonie officielle le 10 mai suivant.

Le 30 janvier 1976, un incident qui aurait pu avoir de graves conséquences se déroule, presque sans témoins, en gare d'Avignon. Il est 4 heures 35 un samedi matin, la nuit est sombre et froide, il n'y a pratiquement personne sur les quais. Le Strasbourg / Paris entre en gare, il doit y marquer un court arrêt. M Michel Rogier, agent d'exploitation, à pour mission de surveiller que tout se déroule bien lors de la montée des voyageurs dans les voitures. Le chef de gare donne l'ordre de départ. Le train se met en branle... C'est alors que M Rogier s'aperçoit qu'une des portières d'une voiture est restée ouverte. Il se porte à sa hauteur. Le train ne roule encore que très lentement. Il ferme la porte vivement. Comble de malchance, un pan de son manteau est pris entre la porte et le chambranle. M Rogier se voit obligé de hâter le pas pour suivre le train qui peu à peu prend de la vitesse. Personne, parmi les quelques voyageurs encore sur le quai, ne s'est aperçu de l'incident. Alors, contraint de courir, M Rogier tente désespérément de retirer le morceau de tissus prisonnier ou tout au moins de déchirer le manteau qui, contre toute attente, continue à résister. Il est clair que cela ne pourra pas durer très longtemps. La catastrophe parait inévitable. A force de "lutter" contre son vêtement M Rogier finit enfin par faire céder l'étoffe, qui se déchire brutalement. L'agent se trouve projeté à terre, entraîné par sa vitesse. Il roule entre le quai et les voies. Le train défile à quelques centimètres de son corps. Les roues martèlent les rails tout prés de son visage... mais la dernière voiture s'éloigne enfin. Il peut se relever, étourdi. Deux jeunes voyageurs ont enfin compris qu'un drame venait de se nouer tout prés d'eux. Ils se précipitent pour secourir le malheureux, qui le plus simplement du monde leur déclare: " vous voyez comme notre métier peut être dangereux...".

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07/03/2008
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