* ARTS ET CHEMINS DE FER..

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LES CHEMINS DE FER ET LES ARTS

Dès sa création, le chemin de fer, finalement "simple" moyen de locomotion, est source d'inspiration dans tous les domaines artistiques... Ouvrages techniques ou de vulgarisation, livres scientifiques, mais aussi publications de poésie, prose, pièces de musique ou d'opérette, de théâtre, de cinéma, spectacle de cabaret, peintures et gravures... Il est le modèle pour ne pas dire la vedette...

La littérature...

Les chemins de fer sont une chose bien nouvelle en ce début du XIX eme siècle. Le rail s'installe lentement et discrètement mais s'il laisse indifférent au début il fait rapidement parler de lui. Les écrivains, poètes, philosophes ressentent rapidement en son avènement qu'il symbolise et représente l'arrivée d'une ère nouvelle... Pour certains il inspire la surprise, l'étonnement, le scepticisme. Pour d'autres une certaine défiance voire de la peur... Pour d'autres enfin un grand intérêt. Mais il n'est pas facile d'écrire et de décrire ces changements. Le train est quelque chose d'entièrement nouveau... Tout est à créer, même le vocabulaire est à inventer. Les textes sont pleins de métaphores.. le fameux "cheval de fer"... Il faut décrire des sensations nouvelles... Aucun être humain n'a jamais circulé à de telle vitesses! Comment présenter ces engins nouveaux que certains décrivent à la frontière de la machine et de l'animal, parfois presque diabolique. T Gautier, Musset (Rolla), C Nodier, Nisard, V Hugo, H de Balzac, Lamartine, tous évoquent leurs doutes ou leur intérêt pour le train. Certains tentent de raconter leurs voyages... Curieusement l'art populaire s'empare du sujet et le train sous-tend des pièces de cabaret. Le rail suscite aussi très rapidement des textes grivois... Tunnels et autres grandes cheminées des locomotives sont sources de nombreux "fantasmes"...

Mais le progrès n'est pas encore maîtrisé et un terrible accident se produit à Meudon en 1842. Alfred de Vigny, dans la maison du berger, se pose de nombreuses questions, à la suite de cet événement qui inspire aussi de nombreux textes plus ou moins effroyables. P Gagne ou Amédée Pommier l'évoquent également. Tous ces morts sont ils le prix à payer pour le progrès?

Les voyages en train et toute l'atmosphère des chemins de fer inspirent finalement très largement poètes, romanciers et écrivains... Des poèmes de Paul Verlaine à la bête humaine d'Emile Zola aux roman de Claretie (le train 17) ou Huysmans (Les sœurs Vatard) et textes d'Emile Verhaeren, en passant par les romans d'Agatha Christie (le crime de l'Orient Express)... Le train inspire aussi le théâtre, parfois sur le ton humoristique avec E. Delattre et les tribulations des voyageurs et expéditeurs en chemin de fer ou E. Labiche dans le voyage de M Perrichon ou "chemins de fer". Sans oublier, plus près de nous, Etienne Cattin, ou le célébrissime Henri Vincenot, plus proches de nous, qui ont livré des "témoignages" sur une profession singulière... Celle de cheminot. Terminons en évoquant la quantité astronomique de documents techniques et autres ouvrages de vulgarisation sur les chemins de fer.

La musique...

D'illustres compositeurs succombent également aux charmes des trains et locomotives... Arthur Honegger (1892 - 1955) et sa célèbre PACIFIC 231 ou Hector Berlioz et son CHANT DES CHEMINS DE FER ... Mais le rail a été aussi le sujet fréquent d'opérettes ou de chansons légères (sur un registre plutôt comique voire parfois à la limite du grivois) et de très nombreuses chansons de chanteuses ou chanteurs contemporains... Où le train est alors plus généralement abordé dans le registre plus nostalgique de la séparation des amoureux, de l'éloignement entre les êtres (ou, au contraire, des retrouvailles) ou d'une l'enfance que nous avons perdue...

Pensons à ...

  • Annie Philippe et son "ticket de quai"
  • Richard Anthony et son célébrissime "j'entends siffler le train"

 

Le cinéma...

Le septième art n'a pas fait exception. Depuis le tout premier court métrage des frères Lumière filmant l'entrée du train en gare de La Ciotat, de très nombreux films, réalisés dans le monde entier s'inspirent directement d'aventures ferroviaires ou pour le moins utilisent le thème du train pour sous-tendre l'action principale... Certains films se basent sur le côté technique du chemin de fer d'autres utilisent plutôt la possibilité du huis clos lié au voyage en train. Certains de ces films ont même été tourné partiellement dans des gares Vauclusiennes!... Sans parler des téléfilms et autres "feuilletons" télévisés et même les publicités!


BONUS _ L'Arrivée d'un train à La Ciotat (tourné en 1895)

Rappelons nous de...

Film LE TRAIN avec R Schneider et JL Trintignan. (Coll J L Bezet)

Les arts graphiques...

N'oublions pas les arts graphiques... Peinture, affiches, caricatures... Le chemin fer naissant inspire les premières caricatures de Daumier puis de magnifiques œuvres inspirées directement par ce monde spécifique dont certaines sont visibles au musée d'Orsay (Monet, Seurat, Walden... C Buret, Shefer (le prix annuel Shefer récompense des artistes cheminots), A Brenet, P Cèze). Mais il est le thème récurrent des cartes postales du début du siècle, soit sous la forme directe de photos de gares, de locomotives ou de trains, mais aussi de reportages sur... Les déraillements et catastrophes ferroviaires! Les trains servent aussi de support à des cartes humoristiques ou de toile de fond à des cartes de vœux, de remerciement, de fête... De grands noms parmi les artistes peintres ont prêté également leur talent à la réalisation d'affiches publicitaires (Dali, Buffet, Utrillo Dufy, Brayer, etc.) pour les Cies. de chemins de fer et même la S.N.C.F..

Ne laissons pas de côté la philatélie. De très nombreux timbres, de tous pays, sont consacrés aux chemins de fer. La S.N.C.F. a proposé également à une époque, des timbres à coller sur des albums "collecteurs" ou sur les colis et même des timbres "utilitaires" pour le paiement des colis de détail, comme le faisait la POSTE.

Timbres utilisés par la S.N.C.F. sur les colis ou à coller dans des albums, pour de la publicité "touristique"... Et timbres d'affranchissement.

L'architecture...

L'architecture des gares et les grands ouvrages ont été traités par les Compagnies au-delà de leur besoin fonctionnel, comme de véritables œuvres d'art.

Le Design...

Le matériel des chemins de fer lui même fait aussi l'objet de recherches "artistiques". Il véhicule en lui-même l'image de marque de la Compagnie. Le design des locomotives, leurs livrées, le choix des formes et couleurs de l'intérieur des voitures, par exemple, sont depuis longtemps l'objet de "soins" particuliers. Les locomotives à vapeur, électriques, diesel (Même des engins de service les plus humbles ont reçu des livrées conçues par P Arzens) et même certaines voitures de luxe ont fait l'objet de recherches esthétiques poussées de grands "artistes" et designers célèbres... R Lalique, Prou, R Tallon, R Loewy... De grands nom du stylisme, comme Paul Arzens ou Jacques Cooper restent étroitement associés aux chemins de fer. L'arrivé de nouvelles technologies comme le pelliculage des rames, permet désormais de décupler les "effets de style", y compris pour des opérations ponctuelles.

En encore...

Les chemins de fer sont aussi à l'origine de très nombreux objets ou de nombreuses activités. Outre les timbres poste dont nous avons parlé plus haut, le train est aussi souvent évoqué sur les billets de banque. De nombreuses médailles commémoratives liées aux grands événements ferroviaires ont également été frappées. Les locomotives et autres matériels ont dès l'origine inspiré de nombreux objets (cafetières, jouets scientifiques, plaques de cheminée en fonte, carafes et vaisselle décorée, foulards et cravates de soie, etc.) et même des jeux de société. Le modélisme ferroviaire est également une activité artistique à part entière.

 

 

Mais le rail inspire également de nombreux art istes amateurs anonymes... Peut-être êtes-vous l'une de ceux (celles) là? N'hésitez pas à nous adresser vos textes, poèmes, films... Ils enrichiront fort à propos cet article.

Commençons pour l'instant par un petit moment de poésie ferroviaire...

Voir aussi, M Bardel chef de gare et romancier

Voir aussi le conte de Noël ferroviaire...

 

°°°°

Le temps nous est gare ...
Le temps nous est train ...
Jacques Prévert

°°°°

... Nous n'aimons pas assez la joie
De voir les belles choses neuves.
Ô mon amie hâte-toi
Crains qu'un jour un train ne t'émeuve plus.
Regarde-le plus vite pour toi.
Ces chemins de fer qui circulent
Sortiront bientôt de la vie
Ils seront beaux et ridicules...

Guillaume Apollinaire... (La Victoire)

 

°°°°

Les trains

 

Sur un chemin compact de pierraille et de cendre,
A travers bois, taillis, fleuves, moissons et près,
Sous les pâles matins ou les couchants pourprés,
Les trains quotidiens font le tour de la Flandre.

Jadis, on les voyait rouler presque avec crainte:
Les bœufs fuyaient là-bas; les pigeons familiers
Désertaient les recoins de leurs blancs colombiers.
La mort semblait peser où passait leur empreinte.

Mais aujourd'hui, meurt va et vient le long des champs
fait à peine trembler le seuil d'une demeure,
Et leur passage annonce aux travailleurs quelles heure
Le jour qui marche et fuit jette au soir approchant.

Les rails d'acier luisants sont encadrés de haies;
Les chiens et les troupeaux ne les regrettent plus.
Et dans les fentes d'or des plus mornes talus,
Se pavoisent de fleurs et se bombent de baies.

Marbres, grès et granits, fontes, fers et charbons,
Tous les trésors secrets que les terres lointaines,
Cachent aux flancs obscurs des monts, sous les fontaines,
Apparaissent en Flandre , au dos de lourds wagons.

Emile Verhaeren

°°°°

La Bonne Chanson

 

Le paysage dans le cadre des portières
Court furieusement, et des pleines entières
Avec de l'eau, des blés, des arbres et du ciel
Vont s'engouffrant parmi le tourbillon cruel
Où tombent les poteaux minces du télégraphe
Dont les fils ont l'allure étrange d'un paraphe.

Une odeur de charbon qui brûle et d'eau qui bout,
Tout le bruit que feraient mille chaînes au bout
Desquelles hurleraient mille géants qu'on fouette,
Et tout à coup des cris prolongés de chouette.

Que me fait tout cela puisque j'ai dans les yeux
La blanche vision qui fait mon coeur joyeux,
Puisque la douce voix pour moi murmure encore,
Puisque le Nom si beau, si noble et si sonore
Se même, pur pivot de tout ce tournoiement,
Au rythme du wagon brutal, suavement?

Paul Verlaine

°°°°

Nous chanterons le P.L.M.

Et, de même,
L'Est,
L'Ouest
Et le midi,
Et nous chanterons aussi,
- Si cela ne vous ennuie,
Honorable Compagnie! -
Nous chanterons encor,
Du Nord.
Et de l'Etat et d'Orléans les compagnies,
(sans préjudice, bien entendu, de quelques mots
Pour les réseaux
Economiques et Départementaux);

Car c'est le temps de prendre l'air
En des voyages circulaires:

C'est le temps des chemins de fer.

A la campagne, ou vers des plages, ou vers des thermes,
En d'autres termes
Ailleurs, ailleurs,
Nous allons pâles voyageurs,
Quérir la santé, la fraîcheur,
Le repos et le lait des fermes.

Le mouvement est dans les gares,
Car

Le temps est d'aller autre part.

Et nous croyons bon qu'on écrive


Ces chants sur les locomotives
Qui nous mènent à travers champs,
Nous qui voulons calmer les peines,
En cherchant,
Pour la mettre a portée des gens,
Des pauvres inquiètes gens,
Qui s'agitent, qui se démènent,
Ou se promènent,
La poésie des choses quotidiennes.

Prélude aux "Chansons de trains et des gares" (Franc Nohain 1899)

°°°°

 

Souvenirs

U n sifflet dans la nuit agitant mon émoi

V ient de me rappeler des soucis d'autrefois.

L a nuit était tombée sur la gare assoupie

E t j'attendais le train. c'est ainsi que l'on dit.

C 'était celui du soir qui devait m'emporter

Q uelque part, loin là-bas, au bout d'un long trajet

R color=#993399>ejoindre mon corps dans les bois enneigés.

J 'avais fini ma "perm", j'allais être piégé.

M on père auscultait la pendule "brillet"

D ont un aiguille s'obstinait à galoper.

M a future épouse me tenait par la main

N e voulant pas montrer son immense chagrin.

D ans le calme du soir où les gens parlent bas

U ne sonnerie grêle d'un coup s'agita.

A lors on vit poindre sur la voie montante

D eux pâles yeux aux lumières clignotantes.

S urgi de l'ombre, auréolée de vapeur

L a 231 s'arrêta laissant battre son cœur.

J 'avais encore quelques touts petits instants

P our de ma fenêtre saluer mes parents.

M ais le train s'ébranla, les laissant sur le quai

L 'obscurité cachant leurs visages et leurs traits.

D ans le balancement continu du wagon

J e finis par sombrer dans un sommeil profond.

L e train m'a emporté, il ne m'a pas gardé

C ar j'ai eu la chance de pouvoir m'en tirer

O h! combien de mères ont pleuré sur les quais.

O h! combien de pères ne sont plus retournés.

C ar c'est ainsi que tous les soirs le sombre train

A vu son feu rouge forger notre destin

B annissez ces "quarante hommes, huit chevaux en long"

Q ui ont emporté un soir femmes et garçons.

L a grande aventure née au siècle dernier

P our notre joie à tous doit se développer.

P rofitez du grand bonheur qui vous est donné.

O ubliez les vieux wagons, prenez le T.G.V.

Robert Bézet

 

°°°°

 

CHEMIN DE FER

Ce fut une aventure extraordinaire,
Humaine, technique et financière.
Elle est déjà plus que centenaire,
Mais prête à se perpétuer sur le millénaire.
Idée nouvelle de visionnaires,
N'est-il pas vraiment révolutionnaire?

Du chemin de fer, ici avec estime,
Est il question en quelques rimes.

Faire aujourd'hui Marseille-Lille,
En T.G.V. c'est si facile,

Roulant si vite entre ces villes...

J.L. Bézet

°°°°

LA CHANSON DU "PROVENCE EXPRESS" (ANONYME)
 
 
De Tarascon jusqu'à Cabannes
De Cavaillon à Barbentane
De la légume monte une rumeur
Voici le nouveau train de primeurs!

Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux

Depuis qu'on a eu vent de la chose
De gousse en gousse comme on en cause
Et pour bien des cucurbitacées
La route du fer serait menacée
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs

Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux

Mais pour être du premier voyage,
Encore faut-il être à cet âge
Où le degré de maturité,
Donne au légume droit de cité.

Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux

C'est pourquoi ajournée puisqu'inaptes
Melons aubergines et tomates,
Sur les collègues plus précoces,
jettent un regard plutôt féroce.
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs

Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux

A l'heure H de ce jour J d'avril
Haricots en complet fil à fil,
Et asperges en fuseaux verts s'empressent,
Vers les wagons du PROVENCE EXPRESS
Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux

Sitôt sur le carreau des halles,
On t'enverra des cartes postales,
Sèche tes pleurs, oignon mon ami,
Et c'est alors qu'on est partis.
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs
Mon Dieu quel bonheur, mon Dieu quel honneur
D'avoir ce train de primeurs

Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux

Depuis Orange on a le feu vert
Et la BB mène un train d'enfer
Tant et si bien qu'en la capitale,
On arrive devant le MISTRAL!

Boîte à rouleaux, boîte à rouleaux...

 

SANS BRUIT , SANS FLEURS...
(sur l'air "du gris qu'on prend dans ses doigts et qu'on roule")

Je n'sais pas c'qui s'passe dans ma tête,
Mais j'crois bien q'j'ai un coup de cafard,
Ce n'est pas une simple amourette,
Qui maint'nant m'fait broyer du noir.
D'puis longtemps j'avais un' copine,
Qui, pourtant, m'prenait tout' ma sueur,
Ce n'était qu'une simple machine,
Elle s'en va et j'ai mal au cœur...
Oui, je regrette ces belles années,
Plus de vapeur, dernières fumées...

 

REFRAIN

 

Sans bruit, sans fleurs, elles sont parties, nos machines,
Toutes les belles heures de not' métier se débinent.
Ces gueules noires qui les ont aimées, ça les touche,
Et il ne sort que des regrets de leurs bouches.

 

II

 

Ton travail, c'était un concert,
Fait par la symphonie des bielles,
Dans la plaine, comme tu étais fière,
Ton panache montant vers le ciel...
Si, parfois, tu f'sais une fausse note,
Pour nous faire un peu de misère,
Le chauffeur, qu'était ton vieux pote,
Faisait tout pour te r'mettre sur l'air.
Sa main habile te contrôlait...
Et toi, docile, tu rechantais...

III

 

Maintenant , te voilà; en r'traite,
Et, bien sûr, tu es remplacée
Par des machine, tout ce qu'il y a d'chouette
Qui tournent à l'électricité...
Mais, tu vois, ces engins modernes,
Jamais ne pourront t'effacer
Car du rail, toi tu fus la reine,
ça, personne pourra l'oublier...
Ma vieille copine, c'est terminé,
Plus de vapeur, dernières fumées...

IV

Vous, mécaniciens et chauffeurs,
Qui avez connu ces beaux jours,
Peut-être que ça vous serre le cœur,
Quand vous passez par Liancourt...
Car c'est là que vos vieilles machines,
Attendent la main du ferrailleur,
Mais quand il leur brisera l'échine,
Il tuera de vieux serviteurs...
Et sous la masse et l' chalumeau,
S'en iront nos bonnes vieilles
Au refrain

Gilbert Nectoux. Mécanicien aux Batignolles 1967.

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Le 8 juin 2009 les rails de l'ancienne voie ferrée d'Orange à Carpentras commençaient à être arrachés de la plate-forme, dans la plus grande confusion et précipitation par décision du Conseil Général de Vaucluse et malgré le vives protestations... L'opération était, paraît-il, à ce point urgente et importante pour le développement touristique local, que plusieurs centaines de milliers d'Euros y étaient consacrés, en pleine crise économique! Place à la fameuse Via Vénaissia !!

Mais, avec les rails allaient disparaître, en quelques jours, un joyau touristique, qui ne demandait qu'à être exploité avec des vélorails et même un authentique train à vapeur...

Un an après, force est de constater que, finalement l'urgence de cette destruction n'était pas avérée... Pour l'heure rien n'a été fait. Les cycliste ne peuvent toujours par emprunter cette "piste". Quant aux amoureux du rail et du patrimoine Vauclusien, ils ne peuvent que constater la poursuite de la lente dégradation des bâtiments, de la plate-forme et des ouvrages... (aidée, il est vrai, par quelques vandales...)
Piètre résultat...

Alors, pour changer un peu des habituelles formes de protestation je vous propose, en ce triste anniversaire, un petit poème sans prétention, dédié à cette centenaire disparue...

- En hommage à l'ancienne voie ferrée Orange-Carpentras.
(3/11/1894 PLM - 8/06/2009 CG84)

Elle est partie en cet été deux mille neuf.
Au bon vieux temps, de Carpentras jusqu'à Orange.
Maintenant tout'y est devenu si étrange.
Car, après les" démolisseurs"... Plus rien de neuf.

Construit'il y a déjà plus de cent vingts ans,
La démolir était il vraiment si urgent?
Même si ça devait coûter beaucoup d'argent?
On l'attendait, disaient-ils, depuis si longtemps...

Tant pis s'il fallait bouter dehors les vélorails,
Trains touristiques et vieille loco à vapeur!
C'est le progrès. Point ne fallait en avoir peur.
Libérer l'espace, sans tarder, des vieux rails.

Promis, juré, ça en valait vraiment la peine.
Sûrement boulevard plutôt que simple piste,
Une merveil', ça allait être, pour les cyclistes.
Vrai grand royaum' pour... une si "petite reine".

Pompeusement la "Via Vénaissia", baptisée,
ça "claque" comme une antique voie romaine.
Ca devrait être pour tous une vraie aubaine.
Enfin bon, c'est tout au moins ce qu'ils nous disaient.

Mais si! Le Léman à la Méditerranée,
Elle joindra... A grand renfort d'argent public!
Mais, peut être justement, est-ce là le hic?
Car avant d'y rouler, il faudra des années.

Viaducs d'acier, superbes ouvrages de pierr'.
Jolies petites gares sous les frondaisons.
Passages à niveau et mignonnes maisons.
Les cheminots d'y travailler en étaient fiers.

Alors quelquefois, le soir, quand la nuit tombe,
On pourrait encor les voir, furtives ombres,
Recherchant les vieux convois dans la pénombre,
Comme s'ils étaient revenus d'outre-tombe.

En ces lieux, autrefois, de vie point ne manquait.
Aujourd'hui sans âme... Brutalement vidée.
Pour la sauver, il y avait beaucoup d'idées.
Pourtant, toutes ces occasions sont manquées.

Car toutes ces promesses cette fois encor,
N'engagent seulement que ceux qui les écoutent.
Un an déjà. Toujours pas la moindre route.
Mais où donc est-il disparu, l'ancien décor?

Gares en ruines, abris tagués, éventrés,
De hautes herbes la Plate-form' recouverte...
Vite...
De son histoire partons à la découverte!
Non mon ami. Plus la peine. Mieux vaut rentrer...

J L BEZET 05/2010

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Un autre poème dédié à la ligne maintenant disparue (Pierre Adam)

D'Aurenjo à Cavaioun,
Passant pèr Carpentras
Aviès fa lou renoum
De noste bèu Coumtat.

En adusènt jusqu'à la capitalo,
E pèr le faire tasta
Li bon proudu dou païs di cigalo,
Senso jamai t'arresta.

De faiou, de rasin e de poumo d'amour,
De moulounado de meloun
E samenavo la divino sentour
Despéi la Prouvenço en jusqu'eilamount.

De tout ço qu'as carreja
Dins trop courto vido
Meme bèn arrenja
Farié un moumounas plu aut que lis Aupiho.

A tant ge gens de travail as baïa
Pèr té faire gagna la vido
Qu'amariéu de pantaia
Quand aussisse que la tieno es finido.

Asiès fa tant de viage
E desempièi tant de tèms
Que fasiès partido doù païsage
E nous agradavo bèn.

E vuei cerque encaro à coumprendre
Perqué t'an abouli!
Erian pas las de t'entèndre
Nous fasié tant plési.

Sus li traverso seco
que l'herbo envahis
Ti rai, mounte n'en resto
An fini de lusi.

E de parla de tu, n'acabarièu jamai
Mai, farièu qu'espandi ma tristesso,
As fini de passa!... Siès coumo ma jouinesso
Siès plus qu'un souvenir, te veiren jamai.

De la cansoun de ta vido
Es lou dernier coublet,
La causo es bien finido...
T'an coupa lou siblet...

Pèire Adam

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Ce train emporte pour vous
Avec mes baisers bien doux
Tous mes vœux et ma tendresse
Il porte à toute vapeur
Sous votre toit; le bonheur
La santé et l'allégresse.
A Gaboriaud

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L Reynard 1935 et anonyme 1936

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    07/12/2007
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